Elections américaines : patience, les jeux ne sont pas faits

04/11/2020

Elections américaines : patience, les jeux ne sont pas faits

Etats-Unis
Une élection toujours indécise : c’était écrit, l’élection américaine allait se jouer dans les fameux swing states, qui sont susceptibles de changer de camp d’une élection à l’autre. Alors que les premiers résultats donnaient Joe Biden, le candidat démocrate, en tête en Floride et dans l’Ohio, l’avancée des dépouillements au cours de la soirée a rendu l’avantage à D. Trump, qui conserve ces Etats dans son escarcelle.

Les Démocrates ont peut-être remporté une victoire décisive en reprenant l’Arizona, gagné en 2016 par D. Trump. Les regards se portent désormais vers quatre Etats clés dont les résultats définitifs n’ont pas encore été établis : la Caroline du Nord, la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin. Il faudra néanmoins s’armer de patience puisque les résultats ne seront pas disponibles avant plusieurs heures si ce n’est plusieurs jours.

Au moment où nous écrivons ces lignes, l’issue du scrutin reste donc incertaine, alors que Joe Biden pourrait remporter le Wisconsin selon les dernières informations.

Malgré cette confusion, les craintes d’affrontements entre partisans des deux camps ne se sont pas matérialisés et la paire EURUSD s’échange autour des 1.1670 (plutôt stable par rapport aux dernières séances). En cas d’attente prolongée, il faudra regarder de près l’évolution du billet vert pour savoir s’il tiendra son rôle de valeur refuge face à cette situation de crise ou s’il vacillera en écho avec la situation politique intérieure.
Une fois l’élection tranchée, les fondamentaux pourraient revenir sur le devant de la scène et l’attention se focaliser sur les programmes du candidat vainqueur : les programmes de dépenses gouvernementales proposés par J. Biden (green deal, infrastructures, nouveau stimulus fiscal en réponse à la crise du Covid) pourraient creuser le déficit fiscal de l’Etat fédéral et affaiblir le billet vert même si son positionnement plus « rassurant » sur la scène internationale pourrait profiter au dollar. Côté Trump, c’est la continuité qui est attendue.

Activité :
La croissance n’a pas déçu au troisième trimestre et confirme la bonne tenue de l’économie américaine malgré l’épidémie de coronavirus. La première estimation publiée la semaine dernière indique en effet un rebond de +33.4% en rythme trimestriel annualisé (contre un consensus à +31%), après une chute de 31.4% au deuxième trimestre. Du côté de l’inflation, l’indicateur préféré de la Fed, le PCE (Personal Consumption Expenditure) est hausse en octobre à +1.5% mais en-dessous des attentes (+1.7%), après +1.4% en septembre.

 

Europe
Politique :
Sur le front du Brexit, les négociations entre Londres et Bruxelles entrent dans la dernière ligne droite, alors que les équipes européennes espèrent boucler le dossier d’ici la mi-novembre. Les discussions achoppent sur trois points principaux : l’accès des Européens aux eaux britanniques (la « pêche »), le respect des règles de la concurrence par le Royaume-Uni s’il veut accéder au marché commun (la « concurrence ») et le mode de règlements des différents (la « gouvernance »).

Activité :
Le PIB de la zone Euro a rebondi de 12.7% au troisième trimestre, après une baisse de 11.8% au deuxième trimestre. Ce redressement devrait laisser place à un nouveau ralentissement au quatrième trimestre suite aux nombreuses mesures restrictives prises en Europe pour endiguer la deuxième vague du Covid19.
Pas de chiffres significatifs dans la zone Euro d’ici la fin de la semaine.