Biden, le vaccin et la BCE : avantage au dollar face à l’euro ?

12/11/2020

Biden, le vaccin et la BCE : avantage au dollar face à l’euro ?

Etats-Unis

Politique : L’élection de Joe Biden aura exigé quelques jours de patience avant de se matérialiser, même si les recours déposés par le camp Trump doivent encore être tranchés avant qu’elle soit définitivement validée. En attendant, l’absence de troubles majeurs aux Etats-Unis, malgré un suspense prolongé, et l’annonce encourageante de Pfizer concernant son candidat-vaccin semblent dégager l’horizon à court terme. Les marchés actions ont d’ailleurs salué les promesses du géant pharmaceutique par une envolée historique. Ce retour des investisseurs vers les actifs risqués a permis au billet vert de reprendre quelques couleurs (l’eurodollar est repassé sous la barre des 1.18 après avoir franchi les 1.19 lundi).

Fed : Si l’élection du 03 novembre a accaparé l’attention pendant quelques jours, il est à noter que le FOMC (comité de politique monétaire de la Fed) s’est réuni la semaine dernière et que Jérome Powell, président de la Fed, a souligné l’importance de la politique budgétaire pour sortir de la crise (« rôle essentiel »). Etant quasiment acquis que J. Powell maintiendra une politique monétaire très accommodante pendant une période prolongée, la question est désormais de savoir ce qu’il adviendra de la politique budgétaire à la main du futur Président.

Cette politique budgétaire sera particulièrement scrutée et pourrait être le principal facteur important la valeur du dollar dans les mois à venir. Et ce sont probablement les deux sièges de Sénateurs en jeu en Géorgie en janvier 2021 qui décideront de la marge de manoeuvre dont disposera Joe Biden pour passer ses réformes : à ce stade les Républicains détiennent 50 sièges contre 48 aux Démocrates. Ces derniers devront absolument remporter ces 2 sièges au risque de voir les Républicains bloquer nombre de réformes de la nouvelle administration.

Activité : les chiffres de l’emploi publiés la semaine dernière étaient meilleurs qu’attendus, l’économie américaine ayant créé 638 000 emplois en octobre (vs consensus à 530 000) et le taux de chômage a chuté à 6.9% (vs consensus à 7.7%).

Les chiffres de la semaine : Inflation du mois d’octobre (12/11), Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (13/11)

 

Europe

BCE : Alors que l’hypothèse d’un vaccin disponible dès le premier trimestre 2021 est évoquée par des officiels européens, la Présidente de la BCE Christine Lagarde insiste sur les risques d’une reprise en dent de scie et rappelle que l’institution de Francfort se tient prête à muscler son jeu (probablement en décembre), en renforçant les mesures monétaires mises en oeuvre depuis le printemps. Cette tonalité très accommodante de ce côté de l’Atlantique pourrait présager d’un repli de l’euro face au dollar, notamment si la croissance américaine continue de mieux résister à la pandémie et à condition que la situation sanitaire reste sous contrôle outre-Atlantique.

Du côté du Brexit, toujours pas d’accord en vue alors que la date butoir des négociations devrait être (encore) repoussée faute d’avancées substantielles.

Activité : En Allemagne, l’indice ZEW a chuté plus qu’attendu à 39 (vs consensus à 41.7) après 56.1 en octobre et souligne l’inquiétude liée à la seconde vague de Covid19 qui frappe l’Europe de plein fouet et pourrait briser l’élan de la reprise jusqu’à la fin de l’année.

Les chiffres de la semaine : 2ème estimation du PIB de la zone Euro au T3 (13/11)