Suspense sur le Brexit, la Fed comme la BCE

14/12/2020

Suspense sur le Brexit, la Fed comme la BCE

Etats-Unis

Politique : Le Président-élu Biden devrait être officiellement choisi ce lundi par le collège électoral, après une fin de semaine difficile pour le camp Trump qui a du essuyer plusieurs déconvenues judiciaires, la Cour suprême ayant rejeté plusieurs demandes d’invalidation de résultats dans les Etats clés.

Fed : Le comité de politique monétaire de la Fed (le FOMC) tient sa dernière réunion de l’année cette semaine (15 et 16 décembre) et fait face à une situation contrastée outre-Atlantique. D’une part, la crise sanitaire reste aigüe (nouvelles contaminations, décès et hospitalisations sont au plus haut) et met la pression sur de nombreux Etats qui ont renforcé les mesures sanitaires. Dans le même temps, les créations d’emplois ralentissent. Mais c’est peut-être l’expiration des mesures de soutien prises eu printemps qui inquiète le plus la Fed, alors que près de 10 millions d’américains sans emploi pourraient perdre leurs indemnités exceptionnelles et que l’expulsion des locataires pourrait reprendre. Or, à ce stade, les négociations entre Démocrates et Républicains pour passer une nouvelle série de mesures (stimulus) de USD 900 milliards restent bloquées.

De l’autre, l’économie américaine fait preuve de résistance (confiance des consommateurs bien orientée, croissance supérieure aux attentes au T3). Enfin, et peut-être surtout, la perspective d’une campagne de vaccination ambitieuse (objectif de 100 millions de personnes vaccinées d’ici fin février) fait miroiter une amélioration rapide de la situation sanitaire, permettant à l’économie de sortir de l’ornière et de redémarrer pleinement.

Ainsi, la Fed pourrait donner de nouvelles indications liées à son programme de rachats d’actifs, en annonçant par exemple un allongement du programme pour rassurer sur son intention de soutenir l’économie aussi longtemps que nécessaire, ou en se positionnant sur des titres de maturité plus longue pour mieux contrôler les taux longs. Ces annonces pourraient affaiblir le billet vert et faire grimper la paire EURUSD vers les 1.23 pour la fin d’année, à mesure du déploiement des vaccins et de la réduction des risques.

A l’ouverture de la séance européenne, la paire EURUSD s’échange ce lundi autour des 1.2150, proche des plus hauts vus en fin de semaine dernière.

Les chiffres de la semaine : Ventes au détail de novembre (16/12), PMI manufacturier de décembre (16/12) et réunion de la Fed / FOMC (16/12).

 

Europe

Politique : Le sommet européen de la semaine dernière à Bruxelles a permis de lever l’opposition de la Hongrie et de la Pologne au plan de sauvetage dont l’Union avait accouché en juillet dernier ; les 27 pourront donc emprunter via la Commission Européenne pour relancer les économies durement frappées par les conséquences de la pandémie de Covid19.

Brexit : L’Union Européenne et le Royaume-Uni s’étaient donné jusqu’à dimanche pour trouver un accord mais on finalement décidé de prolonger les discussions, sans toutefois indiquer de date de fin pour cette extension. Malgré les points de divergence qui subsistent, notamment sur la pêche, les deux parties souhaitent se donner de toutes les chances d’arracher un accord in extremis. Alors que des rumeurs annonçaient le possible envoi de navire de la marine Royale britannique pour protéger les eaux territoriales en cas de no deal, les politiques ont appelé au calme pour faciliter les discussions.

Ces négociations de la dernière chance ont redonné de l’air à la livre sterling,  et la paire EURGBP est repassée sous les 0.91 ce lundi (0.9080), après avoir franchi les 0.92 vendredi.

Activité : La semaine dernière, la BCE a annoncé, comme attendu, une extension de son programme de rachats d’actifs, qui perdurera au-delà de juin 2021 et couvrira EUR 500 milliards de titres supplémentaires (contre un programme initial de EUR 1 200 milliards).

Les chiffres de la semaine : Indice IFO du climat des affaires en Allemagne (18/12).