Accord sur le Brexit : le commerce préservé, compromis sur la pêche, rendez-vous en 2021 pour la finance

31/12/2020

Accord sur le Brexit : le commerce préservé, compromis sur la pêche, rendez-vous en 2021 pour la finance

L’accord écarte le spectre d’un no deal, qui aurait ouvert la voie à une sortie désordonnée du Royaume-Uni. On évite donc un probable chaos logistique à la frontière franco-anglaise, qui aurait perturbé les chaînes d’approvisionnement (matériels et pièces détachées, produits agricoles et d’élevage, médicaments, etc.) et ajouté de la confusion en pleine résurgence de la pandémie de Covid19.

Les marchés ont salué cette nouvelle intervenue à la veille de Noël, qui profite aux actifs risqués et à la livre sterling (qui gagne 2% face au billet vert et à l’euro depuis l’accord) mais pénalise le dollar, au plus bas depuis près de 3 ans contre un panier de devises de référence. L’EURUSD a par ailleurs franchi les 1.23 avant de revenir sous les 1.2250 pour la dernière séance de l’année.

Le billet vert aura désormais besoin d’un nouveau catalyseur (un plan de relance Biden ?) pour atteindre le prochain objectif des 1.25, un niveau clé plus vu depuis novembre 2014, en dehors d’un bref franchissement en janvier 2018.

Commerce : l’accord finalement trouvé permet au Royaume-Uni de préserver l’accès de ses produits au marché unique (plus de 40% de exportations du R-U sont destinées à l’UE), sans droits de douane ni quotas mais avec le retour des formalités administratives associées au rétablissement des douanes.

Concurrence : les deux parties sont par ailleurs tombées d’accord sur un principe de « non régression » dans les domaines environnemental et social et devront être transparentes en matière de fiscalité. A l’avenir, en cas de divergence significative, la partie lésée pourra imposer à l’autre partie des mesures de rétorsion (notamment via des droits de douanes).

Pêche : c’est le sujet qui a cristallisé les dernières tensions et a failli empêcher tout accord. Les Européens se sont engagés à rétrocéder progressivement, d’ici à 2026, 25% de la valeur de la pêche dans les eaux britanniques. A compter de cette date, la répartition des ressources sera revue annuellement.

Pour la City de Londres et les services financiers, qui ne sont pas couverts par l’accord conclus en fin d’année, des négociations parallèles seront menées dans les mois à venir. Au 1er janvier 2021, l’industrie financière londonienne perdra son passeport européen, qui lui permettait d’offrir ses services à travers l’UE. Le secteur britannique sera désormais dépendant de l’attribution par Bruxelles de statuts d’équivalence aux différentes catégories de services.