Malgré la tonalité accommodante de la Fed, la paire EURUSD recule suite aux commentaires de la BCE

01/02/2021

Malgré la tonalité accommodante de la Fed, la paire EURUSD recule suite aux commentaires de la BCE

La Fed confirme son soutien monétaire pour une période prolongée alors que la confusion règne en Europe quant aux livraisons de vaccins. Par ailleurs, les inquiétudes de la BCE liées à la vigueur de l’euro, qui plombe l’inflation, pèsent sur la monnaie unique.

La Fed a rappelé mercredi dernier qu’elle se tenait prête a maintenir ses taux directeurs aussi bas et aussi longtemps que nécessaire pour soutenir la reprise, en écho à des déclarations similaires de la BCE la semaine précédente. Son Président, J. Powell, a aussi indiqué qu’il était prématuré d’envisager une réduction des rachats d’actifs de la Fed, confirmant que le soutien monétaire allait se poursuivre sur plusieurs fronts et pendant une période prolongée. Malgré ce ton accommodant, le billet vert s’est raffermi depuis la semaine dernière.

Et l’une des raisons vient probablement de l’inquiétude exprimée du côté de la BCE concernant la vigueur de l’euro, qui pèse sur les perspectives d’inflation (un euro fort diminue le coûts des importations). Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs, a ainsi indiqué que la BCE dispose d’outils, dont la baisse de taux, pour éviter un renforcement trop fort de la monnaie unique. Ces déclarations pourraient limiter les velléités haussières de la paire EURUSD à court terme.

En ce début de semaine, la paire EURUSD recule sous les 1.21 et s’échange autour des 1.2080/90. La prochaine zone clé à la baisse se situe autour des 1.2010.

Aux Etats-Unis, la retail mania a vu des investisseurs particuliers, qui se sont coordonnés via le forum de discussion Reddit, acheter massivement des actions de sociétés contre lesquelles pariaient des fonds spéculatifs. Ces derniers ont été forcés de retourner leurs positions vendeuses pour limiter leurs pertes. Ce lundi, la frénésie des investisseurs particuliers se reporte sur un métal précieux, l’argent, qui bondit de près de 10%, avant peut-être de se diriger vers le marché des changes ?

Etats-Unis

Politique : Les discussions continuent autour du plan de relance du Président Biden, les Républicains ayant avancé une mouture alternative de USD 600 Mrds, bien loin du montant prévu par les Démocrates (USD 1.900 Mrds). La nouvelle administration dispose des moyens législatifs pour faire passer son texte seule (majorité à la Chambre des Représentants et vote décisif de la Vice-Présidente au Sénat) mais Joe Biden souhaiterait obtenir l’appui de certains Républicains, notamment pour signaler sa capacité à rassembler dans un pays divisé.

Activité : La croissance du PIB américain a atteint 4% au dernier trimestre 2020, soutenue notamment par la consommation des ménages et l’investissement privé. Sur toute l’année 2020, le PIB a reculé de 3.5%, soit la pire récession outre-outre-Atlantique depuis la seconde guerre mondiale. Dans le même temps, la confiance des consommateurs se maintient et l’inflation est reparti légèrement à la hausse (l’indice PCE core – hors prix de l’énergie et de l’alimentation – grimpe de 1.4% à 1.5%).

Chiffres de la semaine : Indices PMI et ISM manufacturiers de janvier (01/02), Chiffres de l’emploi du mois de janvier (05/02)

Europe

Sanitaire : Prise à revers dans sa stratégie vaccinale par les annonces de retards de livraison des laboratoires, l’Union Européenne a haussé le ton la semaine dernière en instaurant des contrôles sur les exportations de vaccins hors d’Europe. Alors que plusieurs pays imposent de nouvelles mesures de restriction, un approvisionnement moindre qu’espéré en vaccins pourrait retarder la reprise sur le vieux continent, alors que le Royaume-Uni et les Etats-Unis accélèrent de leur côté la distribution des doses.

Activité : Les chiffres de la croissance en Allemagne et en France au quatrième trimestre sont ressortis meilleurs que prévus, et préservent les anticipations d’un fort rebond quand la crise sanitaire se dissipera. Le PIB français qu’on attendait à -10 voire -11% s’est finalement contracté de 8.3% l’année dernière.

Chiffres de la semaine : Estimation du PIB du T4 2020 (02/02), Inflation en zone euro pour le mois de janvier (03/02)