Le plan de relance Biden favorise le dollar US face à l’euro, pénalisé par le retard de la vaccination

08/02/2021

Le plan de relance du Président Biden se précise et laisse entrevoir un retour plus rapide de la croissance, dopant le dollar US face à un euro pénalisé par le retard de la vaccination dans l’UE

Les premières étapes franchies par le plan de relance de USD 1.900 Mrds proposé par le Président Joe Biden annoncent un nouveau coup de pouce à l’économie américaine. Ce soutien budgétaire est attendu notamment par la Fed, qui a rappelé à plusieurs reprises l’importance d’un complément à sa politique monétaire déjà très accommodante. Associé à une campagne de vaccination qui monte en régime depuis le changement d’administration à Washington D.C. (+10% de la population vaccinée), les Etats-Unis semblent mieux engagés dans la reprise que l’Union Européenne.

Cette dernière, tiraillée entre le souci d’équité, illustré par les commandes groupées de vaccins, et les tensions liées aux annonces de retard des livraisons des laboratoires, semble peiner à sortir de l’ornière. Par ailleurs, les mesures sanitaires en vigueur dans de nombreux Etats de l’UE, et plus restrictives qu’aux US, continuent de peser sur l’activité. L’arrivée de Mario Draghi, appelé à la rescousse pour sortir l’Italie en pleine crise politique, pourrait néanmoins renforcer la confiance dans la gouvernance de la troisième économie de la zone euro, gravement touchée par la crise.

Au total, les perspectives de croissance, musclées par le plan Biden, et d’inflation (la Fed pourrait laisser l’objectif de 2% être dépassé) aux Etats-Unis favorisent le billet vert face à l’euro, qui reflue sur le niveau clé des 1.20.

Etats-Unis

Politique : Le plan d’aide de USD 1.900 Mrds a franchi une première étape la semaine dernière avec des votes préliminaires au Sénat (pour pouvoir se passer du soutien des Républicains) et à la chambre des Représentants. Alors que les négociations devraient se poursuivre avec les Républicains sur certains points, le Président Biden a confirmé son intention d’injecter rapidement de nouveau crédits publics pour soutenir l’économie – le texte pourrait être voté avant la mi-mars.

Par ailleurs, le second procès en destitution de Donald Trump s’ouvrira ce mardi au Sénat. A priori, ni les Démocrates, dont la priorité reste le plan de soutien à l’économie, ni les Républicains, peu désireux de voir exposées leurs ambiguïtés en amont de l’invasion du Capitole le 06 janvier, n’ont intérêt à ce que le procès ne s’éternise.

Activité : L’activité manufacturière continue son expansion mais à un rythme moins élevé qu’en décembre, avec un indice ISM manufacturier ressorti à 58.7, après 60.5 en décembre (un chiffre au-dessus de 50 indique une expansion de l’activité). Toujours en janvier, l’économie américaine a créé 49 000 emplois, atteignant à peine les niveaux anticipés (après 227 000 emplois détruits en décembre). Le taux de chômage a reculé en trompe-l’oeil, à 6.3% (après 6.7% en décembre). A ce stade, l’emploi non agricole reste largement inférieur à son niveau de février 2020, avec près de 10 millions d’emplois détruits qui n’ont pas été récupérés par l’économie US.

Chiffres de la semaine : Taux d’inflation du mois de janvier (10/02), Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (12/10)

En ce début de semaine, la paire EURUSD s’échange autour des 1.2030.

 

Europe

Politique : Les inquiétudes liées à la situation politique en Italie, où le gouvernement de G. Conte a été renversé par la défection de Matteo Renzi, pourraient s’estomper à la faveur de l’arrivée dans l’arène politique de Mario Draghi. L’ancien gouverneur de la BCE a été choisi pour former un nouveau Gouvernement et a conduit de premières consultations, positives, ce weekend. L’enjeu est notamment l’utilisation des EUR 200 Mrds dont va bénéficier l’Italie dans le cadre du plan de relance de l’UE.

Sanitaire : Face aux retards de livraisons de vaccins annoncés notamment par AstraZeneca, l’Union Européenne pourrait se tourner vers la solution Russe (le vaccin Sputnik V), à condition qu’elle soit dûment validée par les autorités sanitaires. D’autant que dans le même temps, des doutes apparaissent quant à l’efficacité du vaccin d’Astra (recommandé pour les moins de 65 ans en France et en Allemagne, faiblement efficace contre le variant sud-africain).

Au total, à ce stade, l’Union Européenne apparaît en retard dans le déploiement de sa campagne de vaccination, notamment par rapport aux Etats-Unis (plus de 10% de la population vaccinée) ou au Royaume-Uni. Or, ce handicap pourrait peser dans les prochains mois, au moment où ces pays redémarreront leurs économies plus rapidement que l’Europe. Ces inquiétudes vont pénaliser l’euro, repassé sous le niveau clé des 1.20 en fin de semaine dernière avant de se reprendre.

Activité : Le PIB de la zone euro a légèrement reculé au dernier trimestre 2020 (-0.7% par rapport au 3ème trimestre), confirmant le ralentissement de l’activité en fin d’année alors que l’Europe était touchée par une résurgence de l’épidémie de Covid19. Sur toute l’année 2020, le PIB a chuté de 6.8%, d’après les premières estimations de l’agence statistique de l’UE (Eurostat).

Chiffres de la semaine : Taux d’inflation du mois de janvier en Allemagne (10/02)