La remontée rapide des taux d’intérêt aux Etats-Unis fait rebondir le dollar US et fragilise les actifs risqués

01/03/2021

La remontée rapide des taux d’intérêt aux Etats-Unis fait rebondir le dollar US et fragilise les actifs risqués

La semaine dernière a été animée par la remontée des taux d’intérêt sur la dette américaine, avec notamment le taux à 10 ans qui a atteint le niveau de 1.614%, au plus haut depuis 1 an (et contre 0.90% début janvier). Cette poussée de fièvre des rendements obligataires a provoqué des turbulences sur les marchés financiers : les investisseurs se repositionnent en faveur de la dette américaine, une des plus sûres au monde et désormais plus attractive, au détriment d’actifs plus risqués. Les marchés actions ont ainsi reculé, tant aux Etats-Unis (près de -3% pour le Nasdaq et le SP500) qu’en Europe (-2.2% pour l’Eurostoxx), et les devises émergentes ont également souffert (réal brésilien, livre turque et rand sud-africain perdant plus de 3.5% face au billet vert).

Grand gagnant de cette hausse des taux et de l’appétit renouvelé pour les emprunts d’état américain, le dollar US a gagné plus de 1% contre l’euro et la paire EURUSD a chuté de 1.2240 (plus haut depuis mi-janvier) à 1.2070, entre jeudi et vendredi dernier. Ce lundi, la paire évolue autour des 1.2050.

Comme évoqué dans nos dernières analyses, le plan de relance de l’administration Biden (USD 1.900 Mrds) et l’optimisme sur le front sanitaire ravivent les espoirs d’un redémarrage plus rapide que prévu de l’économie mondiale, ce qui alimente en retour les anticipations d’inflation et exerce une pression à la hausse sur les taux d’intérêt. Côté européen, les taux d’intérêt ne remontent pas autant, en raison notamment de perspectives moins favorables à court terme (vaccination plus lente, mesures de confinement encore en vigueur) et des déclarations répétées de la BCE affirmant son engagement à maintenir sa politique accommodante aussi longtemps que nécessaire. Les craintes d’un dérapage de l’inflation sont par ailleurs minimisées par certains économistes et banquiers centraux, qui estiment que celui-ci pourrait être alimenté par des éléments ponctuels (remontée des cours du pétrole, plans de soutien budgétaires massifs), moins regardés que les tendances à plus long terme. Enfin, à ce stade, les banquiers centraux favorisent un soutien à la reprise de l’économie, quitte à laisser filer l’inflation, plutôt que prendre le risque d’une remontée trop brutale des taux d’intérêt qui pourrait casser précocement le rebond de l’activité mondiale.

Etats-Unis

Politique : Le plan Biden de USD 1.900 Mrds a été voté par la chambre des Représentants samedi 27 février, où les Démocrates sont majoritaires, et sera soumis au Sénat dans les prochains jours, où les deux camps disposent chacun de 50 voix, auxquelles s’ajoute le vote décisif de la Vice-Présidente Harris pour trancher les égalités. Une mesure proposant de relever le salaire minimum de USD 7.25 à USD 15.0 pourrait ne pas être maintenue du fait des réticences de certains démocrates.

Activité : Les mouvements sur la dette américaine ont éclipsé les données économiques plutôt positives comme la stabilité de la confiance des consommateurs en février et la nette hausse des commandes de biens durables en janvier (+3.4% par rapport à décembre). Enfin, en lien avec notre introduction, on observe un regain (léger) d’inflation à travers l’indice PCE, mesure préférée de la Fed, qui grimpe de 1.5% en glissement annuel (après +1.4% en décembre), en-deçà de l’objectif de 2.0%.

Chiffres de la semaine : Les indices de l’activité manufacturière de février des instituts Markit et ISM (01/03), chiffres de l’emploi du mois de février (05/03) pour lesquels le consensus attend 165 000 créations de postes

Europe

Activité : En Allemagne, le climat des affaires (indice IFO) s’améliore, tout comme la confiance des consommateurs (indice GfK) et la dernière estimation du PIB de l’année 2020 indique une récession limitée à -3.7% (contre -4.0% en première estimation).

Chiffres de la semaine : Taux de chômage de février en Allemagne (02/03), inflation de février en zone euro (02/03)