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18/01/2021

Biden prêtera serment mercredi, le Covid19 et le risque politique menacent la reprise en Europe et pèsent sur l’euro

Etats-Unis

Politique :  Malgré la résistance de Donald Trump et ses tentatives pour contester sa défaite électorale, Joe Biden prêtre serment ce mercredi 20 janvier et sera intronisé 46ème président des Etats-Unis à Washington D.C. La capitale fédérale s’est transformée ces derniers jours en une forteresse imprenable, quadrillée par plusieurs milliers de membres de la garde nationale. Les forces de l’ordre ont été déployées pour protéger la cérémonie d’investiture de Biden, sur laquelle plane la menace d’actes violents de militants extrémistes, qui compteraient s’inspirer des événements du 06 janvier (invasion du capitole).

Autre signe du haut niveau de tension politique outre-Atlantique, la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté mercredi 13 janvier l’acte d’accusation de Donald Trump pour « incitation à l’insurrection ». Cette nouvelle procédure de destitution enclenchée contre Trump, et qui reposera désormais entre les mains du Sénat, fait de lui le premier Président américain de l’histoire à être confronté à deux tentatives de destitution.

Malgré le choc toujours palpable de cet épisode, le Président-élu a poursuivi la formation de son nouveau cabinet et détaillé son projet de plan de relance de USD 1.900 milliards, après les USD 900 milliards votés fin décembre et les USD 2.200 du CARE Act approuvés au printemps. Cette troisième bouée de sauvetage lancée à l’économie américaine visera notamment à muscler la lutte contre le Covid19 (vaccination, tests, réouverture des écoles) et à soutenir les familles (chèque de USD 1.400, allocations chômage), les petites entreprises et les collectivités locales (équipements, personnels).

Activité : les ventes au détail ont reculé en décembre (-1.7% par rapport à novembre), confirmant le ralentissement anticipé au quatrième trimestre, alors que l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan est en léger repli (à 79.2 après 80.7).

Chiffres de la semaine : PMI Manufacturier de janvier (22/01)

En ce début de semaine, la paire EURUSD s’échange autour des 1.2080, un support sur lequel la paire s’est déjà appuyée début décembre. Une cassure de ce support ouvrirait la voie à un retour sous les 1.20.

Europe

Sanitaire : la situation est toujours difficile en Europe, où de (tristes) records de décès quotidiens ont été atteints la semaine dernière, notamment au Royaume-Uni (1.564) et en Allemagne (1.244). Très inquiète, la chancelière allemande A. Merkel a évoqué une possible extension du confinement en vigueur pour 10 semaines supplémentaires. Par ailleurs, le laboratoire Pfizer a annoncé de possibles retards dans ses livraisons de vaccins à l’UE dans les prochaines semaines, agitant le spectre d’une pénurie de nouvelles doses à court terme.

Malgré ce contretemps, les campagnes de vaccination continue de se déployer à travers l’Europe alors que l’agence européenne du médicament a été sollicitée par AstraZeneca, le laboratoire anglo-suédois, pour une demande de commercialisation de son vaccin, plus facile à stocker et donc à distribuer que les solutions de Pfizer-BioNTech et Moderna.

Activité : alors que peu de données macro-économiques ont été publiées la semaine dernière, les minutes de la dernière réunion de la BCE ont en revanche confirmé l’inquiétude des banquiers centraux vis-à-vis de la faiblesse de l’inflation, accentuée par le renforcement de l’euro. L’institution de Francfort tiendra justement sa réunion de politique monétaire et nous n’attendons pas de décision majeure cette fois-ci.

Politique : sur le plan politique, deux gouvernements de la zone euro ont été fragilisés ces derniers jours. Aux Pays-Bas, le Premier Ministre Mark Rutte a présenté la démission de son gouvernement, suite à un scandale où des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude aux prestations sociales. Des élections législatives se tiendront en mars ; d’ici là le cabinet sortant expédiera les affaires courantes. En Italie, c’est la démission de ministres proches de l’ancien Premier Ministre Matteo Renzi, qui font vaciller la coalition majoritaire au pouvoir et pourrait faire tomber le gouvernement. Matteo Renzi reproche à Giuseppe Conte, l’actuel PM, sa méthode et le manque d’ambition du plan de relance de EUR 200 Mrds en préparation.

Les perspectives sanitaires très incertaines, qui pourraient provoquer une extension des mesures de restriction et paralyser la reprise tant attendue en 2021, associées au retour du risque politique, notamment dans une Italie très durement touchée par la pandémie, pèsent sur la monnaie unique.

Chiffres de la semaine : Indice ZEW du sentiment économique en Allemagne et zone Euro en janvier (19/01), Réunion de la BCE (21/01).

 



11/01/2021

Biden gagne le Sénat et se dégage l’horizon, le dollar rebondit

Etats-Unis

Politique : L’intrusion de militants pro-Trump à l’intérieur du Capitole, coeur de la démocratie américaine, a provoqué un effet de sidération tant aux Etats-Unis qu’à l’étranger et semble avoir isolé le Président sortant, qui voit monter une véritable fronde au sein du parti Républicain. Plusieurs figures du parti se sont ainsi définitivement désolidarisées de Donald Trump et ont appelé à son départ. Les Démocrates ont déjà annoncé, de leur côté, qu’ils lanceraient plusieurs initiatives pour obtenir le départ de Trump (mise en accusation en vue d’une destitution tout en appelant le Vice-Président Mike Pence à déclencher le 25ème amendement de la constitution pour démettre le Président de ses fonction).

Les scènes de chaos au Capitole ont éclipsé un autre événement politique de la semaine passée : la victoire des Démocrates en Géorgie, qui reprennent le contrôle du Sénat après avoir remporté les deux sièges qui étaient en jeu. Les perspectives d’une administration Biden disposant d’une majorité à la Chambre des représentants et au Sénat soutiennent les ambitions du Président-élu et la mise en oeuvre de son programme, notamment un éventuel nouveau plan de relance. Les taux d’intérêt sont ainsi repartis à la hausse alors que les marchés anticipent des dépenses fiscales supplémentaires qui pourraient accélérer le rebond de l’inflation et soulager la Fed.

Activité : les données économiques de la semaine dernière dépeignent une situation contrastée avec une rebond de l’activité manufacturière en décembre (ISM à 60.7, après un repli à 57.5 le mois précédent) mais une première destruction nette d’emploi depuis le mois d’avril 2020. Les chiffres parus vendredi pointent en effet une perte de 140 000 emplois en décembre, notamment expliquée par une chute dans les secteurs du tourisme et de la restauration (près de 500 000 emplois en moins pour ce secteur) qui subissent le double-effet de l’arrivée de la saison hivernale et de la dégradation de la situation sanitaire  (plus de 27 000 décès au cours des 10 premiers jours de 2021, alors que le nombre de personnes hospitalisées continue d’augmenter). Le taux de chômage se stabilise à 6.7%.

Chiffres de la semaine : Ventes au détail de décembre (15/01), Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan de décembre (15/01)

En prévision de dépenses budgétaires supplémentaires, les taux US remontent et soutiennent le dollar US, la paire EURUSD repasse sous les 1.22 en ce début de semaine.

Europe

Sanitaire : l’actualité des derniers jours en Europe a été dominée par la situation sanitaire qui reste difficile, et même « hors de contrôle » au Royaume-Uni où sévit un variant plus contagieux (les hôpitaux de Londres sont proches de la saturation) alors que des mesures restrictives ont été renforcées et/ou prolongées dans plusieurs autres pays (France, Allemagne, Italie, Espagne notamment). Le vaccin Moderna a été approuvé par l’Union Européenne et devrait être bientôt administré à travers le continent, permettant aux campagnes de vaccination de monter en régime.

Quelques tensions se font par ailleurs sentir sur la stratégie d’achat groupé de vaccins via la Commission Européenne, certains pays souhaitant accroître leurs commandes en bilatéral avec les laboratoires, sans passer par l’UE.

Activité : les dernières données montrent une stabilisation de l’inflation en zone euro (0.2% en décembre en glissement annuel) dans l’attente des chiffres de la croissance du dernier trimestre 2020, qui seront bientôt publiés et devraient confirmer le ralentissement de la fin d’année.

Comme vu plus haut, la monnaie unique est repassée sous les 1.22 face au billet vert et devrait difficilement s’envoler tant que la crise sanitaire empêche un vrai redémarrage de la zone euro.

Chiffres de la semaine : pas de chiffres significatifs attendus cette semaine



05/01/2021

Le contrôle du Sénat en jeu aux Etats-Unis, l’Europe toujours sous la pression du Covid19 en 2021

Etats-Unis

Politique : le contrôle du Sénat sera en jeu ce mardi 05 janvier avec l’élection des deux sénateurs de Géorgie, qui décidera de la marge de manoeuvre dont disposera Joe Biden pour mettre en place son programme. Alors que la Chambre des Représentants lui est acquise, Biden aura besoin des deux sièges de Géorgie pour faire monter le contingent démocrate à 50 et faire basculer le Sénat (en cas d’égalité au Sénat, comme ce serait ici le cas avec 50 sièges démocrates et 50 sièges républicains, c’est le Vice-Président qui départage les deux camps). C’est donc l’enjeu majeur de ce début d’année, qui pourrait décider de l’ampleur d’un éventuel nouveau plan de relance.

Les derniers sondages annoncent deux courses au coude-à-coude dans cet Etat très contesté, remporté de justesse et contre toute attente par Biden alors que l’Etat n’avait plus voté démocrate depuis 1992. Les résultats pourraient n’être connus qu’après plusieurs jours, si des recomptes et d’éventuels recours devaient retarder les chiffres définitifs. Comme au cours de la présidentielle, le vote des minorités sera déterminant pour l’issue du scrutin.

Activité : la période des fêtes de fin d’année a été pauvre en nouvelles données économiques et les yeux sont tournés vers les indicateurs sanitaires. Le nombre de patients hospitalisés, en forte hausse sur le dernier mois, inquiète particulièrement les autorités qui craignent une saturation des services de soin si la tendance n’est pas inversée rapidement. Enfin, le rythme des vaccinations n’est pas à la hauteur des ambitions affichées en décembre.

Chiffres de la semaine : la première semaine de l’année sera notamment animée par la publication de l’indicateur ISM manufacturier de décembre attendu en repli (05/01) et les chiffres du marché du travail qui devraient montrer un tassement des créations d’emploi (08/01)

Dans ce contexte de début d’année, la paire EURUSD flirte avec les 1.23. L’arrivée massive, bien que progressive, de plusieurs vaccins et le déploiement des campagnes de vaccination à travers le monde au cours du premier semestre 2021 devrait favoriser le retour du risque et pénaliser le billet vert, avec des objectifs à 1.25 (vus en début 2018 et fin 2014) et 1.30 (automne 2014).

 

Europe

Sanitaire : l’Allemagne, qui a connu un record de décès mercredi dernier (+1000), et le Royaume-Uni, où les nouvelles contaminations quotidiennes ont dépassé les 50 000 à plusieurs reprises ces derniers jours, devraient prolonger voire renforcer les mesures de restrictions déjà en vigueur. Ces décisions pourraient être prises alors que l’impact du brassage des fêtes de fin d’année n’est pas encore clair et devrait être visible d’ici une semaine. L’impact économique de ces mesures reste incertain alors que les campagnes de vaccination ont débuté de façon disparate au sein de l’Union Européenne. 2021 est annoncée comme l’année de la reprise et les premiers mois s’annoncent décisifs pour conforter un rebond déjà contrarié en fin d’année par une remontée brutale des contaminations.

Politique : la fin d’année a été riche pour l’Union Européenne, qui a levé les doutes sur son plan de sauvetage de 750 Mrds d’euros, a obtenu un accord avec le Royaume-Uni sur les relations commerciales post-Brexit à la veille de Noël et a également avancé sur un accord d’investissement avec la Chine pour tenter de rééquilibrer les relations entre les deux blocs.

Les premiers jours de 2021 n’ont pas révélé, à ce stade, de problèmes majeurs dans les échanges UE-Royaume Uni au niveau des frontières (France ou Irlande notamment) mais de possibles tensions restent à surveiller.

Chiffres de la semaine : taux de chômage en Allemagne (05/01), taux d’inflation préliminaire du mois de décembre en Allemagne (06/01), taux d’inflation préliminaire du mois de décembre en zone euro (07/01)



31/12/2020

Accord sur le Brexit : le commerce préservé, compromis sur la pêche, rendez-vous en 2021 pour la finance

L’accord écarte le spectre d’un no deal, qui aurait ouvert la voie à une sortie désordonnée du Royaume-Uni. On évite donc un probable chaos logistique à la frontière franco-anglaise, qui aurait perturbé les chaînes d’approvisionnement (matériels et pièces détachées, produits agricoles et d’élevage, médicaments, etc.) et ajouté de la confusion en pleine résurgence de la pandémie de Covid19.

Les marchés ont salué cette nouvelle intervenue à la veille de Noël, qui profite aux actifs risqués et à la livre sterling (qui gagne 2% face au billet vert et à l’euro depuis l’accord) mais pénalise le dollar, au plus bas depuis près de 3 ans contre un panier de devises de référence. L’EURUSD a par ailleurs franchi les 1.23 avant de revenir sous les 1.2250 pour la dernière séance de l’année.

Le billet vert aura désormais besoin d’un nouveau catalyseur (un plan de relance Biden ?) pour atteindre le prochain objectif des 1.25, un niveau clé plus vu depuis novembre 2014, en dehors d’un bref franchissement en janvier 2018.

Commerce : l’accord finalement trouvé permet au Royaume-Uni de préserver l’accès de ses produits au marché unique (plus de 40% de exportations du R-U sont destinées à l’UE), sans droits de douane ni quotas mais avec le retour des formalités administratives associées au rétablissement des douanes.

Concurrence : les deux parties sont par ailleurs tombées d’accord sur un principe de « non régression » dans les domaines environnemental et social et devront être transparentes en matière de fiscalité. A l’avenir, en cas de divergence significative, la partie lésée pourra imposer à l’autre partie des mesures de rétorsion (notamment via des droits de douanes).

Pêche : c’est le sujet qui a cristallisé les dernières tensions et a failli empêcher tout accord. Les Européens se sont engagés à rétrocéder progressivement, d’ici à 2026, 25% de la valeur de la pêche dans les eaux britanniques. A compter de cette date, la répartition des ressources sera revue annuellement.

Pour la City de Londres et les services financiers, qui ne sont pas couverts par l’accord conclus en fin d’année, des négociations parallèles seront menées dans les mois à venir. Au 1er janvier 2021, l’industrie financière londonienne perdra son passeport européen, qui lui permettait d’offrir ses services à travers l’UE. Le secteur britannique sera désormais dépendant de l’attribution par Bruxelles de statuts d’équivalence aux différentes catégories de services.



21/12/2020

Accord sur un nouveau plan d’aide aux Etats-Unis, Brexit et nouvelle souche du virus mettent l’Europe sous pression

Etats-Unis

Politique : Les Républicains (majoritaires au Sénat) et les Démocrates (à la chambre des représentants) sont parvenus à un accord dimanche 20 décembre sur un nouveau plan de soutien à l’économie d’environ USD 900 milliards. Ce plan devrait être soumis au vote dès ce lundi. En synthèse, ces mesures cibleront les ménages les plus fragiles et les chômeurs (aides financières, moratoire sur les expulsions de logements), les petites et moyennes entreprises, renforceront les dispositifs d’aide alimentaire et financeront le déploiement de la campagne de vaccination.

Fed : Sans surprise, la Fed a confirmé qu’elle continuerait de soutenir la reprise économique jusqu’à ce que des « progrès substantiels » soient accomplis. Le FOMC n’a en revanche pas touché au montant de ses rachats d’actifs et se garde ainsi une certaine marge de manoeuvre au cas où elle devrait muscler ses actions dans les mois à venir.

Activité : Les ventes au détail du mois de novembre ont reculé (-1.1%, m/m) plus que ne l’attendaient les économistes (consensus à -0.3%), confirmant le ralentissement de la reprise économique alors que les Etats-Unis souffrent d’une situation sanitaire toujours préoccupante (plus de 310 000 décès) qui pèse sur le revenu des ménages et a déclenché de nouvelles mesures sanitaires contraignantes dans de nombreux Etats.

Le ton accommodant de la Fed, mercredi dernier, et les espoirs d’un accord au Congrès avaient poussé la paire EURUSD à flirter avec le seuil des 1.23 en fin de semaine dernière mais la dégradation de la situation sanitaire en Europe, provoquée par l’apparition d’un souche plus facilement transmissible du Covid19, ont fait flanché les marchés en ce début de semaine. Plusieurs plays européens ont coupé les vols en provenance du Royaume-Uni, qui a brutalement reconfiné plusieurs régions – dont Londres. Ce retournement de situation a ravivé la flamme du risque et ramené la paire EURUSD sur les 1.2150/60, une zone d’attente tant que la situation n’est pas stabilisée (notamment une vision sur l’étendue de la propagation de cette nouvelle souche ailleurs dans le monde).

Les chiffres de la semaine : PCE (indicateur préféré de la Fed pour l’inflation, le 23/12), Commandes de biens durable du mois de novembre (24/12).

Europe

Politique : Les négociations sur les relations post-Brexit se poursuivront cette semaine alors que le Parlement européen appelait à trouver une solution avant la fin du weekend, pour avoir le temps de revoir les détails de l’accord avant de se prononcer dessus. Les discussions se concentrent désormais sur la pêche, obstacle majeur à la concrétisation d’un accord définitif. Il s’agit principalement de trouver une solution arithmétique concernant la rétrocession de quotas de pêche d’un côté comme de l’autre (accès des européens aux eaux britanniques et des britanniques aux eaux européennes) et de valider le système de révision de ces quotas (notamment la fréquence).

Sanitaire : Au-delà du Brexit, c’est bien la situation sanitaire qui occupe à nouveau le devant de la scène, avec les déclarations alarmistes du Premier Ministre britannique Boris Johnson et de son ministre de la santé, qui ont annoncé de nouvelles mesures de confinement, à Londres et dans le sud-est de l’Angleterre notamment, prenant de cours les britanniques qui avaient prévu de se réunir pour les fêtes. C’est la détection d’une souche qui serait plus facilement transmissible, et jugée responsable de l’augmentation sensible des contaminations et des hospitalisations depuis début décembre, qui a provoqué ce revirement. Les autorités reconnaissent par ailleurs ne pas savoir, à ce stade, si cette souche est plus mortelle que les autres ou ce qu’il en est de l’efficacité des vaccins déjà développés face à ce variant du virus.

La livre sterling a payé le double prix du sur-place des négociations du Brexit et de ce nouveau tour de vis sanitaire, et la paire EURGBP s’échange ce lundi autour des 0.9170, après une incursion au-dessus des 0.92 en début de séance, loin des 0.9050 de vendredi dernier.

Activité : L’indice IFO du climat des affaires en Allemagne a rebondi en décembre, à 92.1 après 90.7 en novembre, malgré la hausse des contaminations observée outre-Rhin notamment depuis le début du mois.

Les chiffres de la semaine : pas d’indicateurs majeurs attendus cette semaine



14/12/2020

Suspense sur le Brexit, la Fed comme la BCE

Etats-Unis

Politique : Le Président-élu Biden devrait être officiellement choisi ce lundi par le collège électoral, après une fin de semaine difficile pour le camp Trump qui a du essuyer plusieurs déconvenues judiciaires, la Cour suprême ayant rejeté plusieurs demandes d’invalidation de résultats dans les Etats clés.

Fed : Le comité de politique monétaire de la Fed (le FOMC) tient sa dernière réunion de l’année cette semaine (15 et 16 décembre) et fait face à une situation contrastée outre-Atlantique. D’une part, la crise sanitaire reste aigüe (nouvelles contaminations, décès et hospitalisations sont au plus haut) et met la pression sur de nombreux Etats qui ont renforcé les mesures sanitaires. Dans le même temps, les créations d’emplois ralentissent. Mais c’est peut-être l’expiration des mesures de soutien prises eu printemps qui inquiète le plus la Fed, alors que près de 10 millions d’américains sans emploi pourraient perdre leurs indemnités exceptionnelles et que l’expulsion des locataires pourrait reprendre. Or, à ce stade, les négociations entre Démocrates et Républicains pour passer une nouvelle série de mesures (stimulus) de USD 900 milliards restent bloquées.

De l’autre, l’économie américaine fait preuve de résistance (confiance des consommateurs bien orientée, croissance supérieure aux attentes au T3). Enfin, et peut-être surtout, la perspective d’une campagne de vaccination ambitieuse (objectif de 100 millions de personnes vaccinées d’ici fin février) fait miroiter une amélioration rapide de la situation sanitaire, permettant à l’économie de sortir de l’ornière et de redémarrer pleinement.

Ainsi, la Fed pourrait donner de nouvelles indications liées à son programme de rachats d’actifs, en annonçant par exemple un allongement du programme pour rassurer sur son intention de soutenir l’économie aussi longtemps que nécessaire, ou en se positionnant sur des titres de maturité plus longue pour mieux contrôler les taux longs. Ces annonces pourraient affaiblir le billet vert et faire grimper la paire EURUSD vers les 1.23 pour la fin d’année, à mesure du déploiement des vaccins et de la réduction des risques.

A l’ouverture de la séance européenne, la paire EURUSD s’échange ce lundi autour des 1.2150, proche des plus hauts vus en fin de semaine dernière.

Les chiffres de la semaine : Ventes au détail de novembre (16/12), PMI manufacturier de décembre (16/12) et réunion de la Fed / FOMC (16/12).

 

Europe

Politique : Le sommet européen de la semaine dernière à Bruxelles a permis de lever l’opposition de la Hongrie et de la Pologne au plan de sauvetage dont l’Union avait accouché en juillet dernier ; les 27 pourront donc emprunter via la Commission Européenne pour relancer les économies durement frappées par les conséquences de la pandémie de Covid19.

Brexit : L’Union Européenne et le Royaume-Uni s’étaient donné jusqu’à dimanche pour trouver un accord mais on finalement décidé de prolonger les discussions, sans toutefois indiquer de date de fin pour cette extension. Malgré les points de divergence qui subsistent, notamment sur la pêche, les deux parties souhaitent se donner de toutes les chances d’arracher un accord in extremis. Alors que des rumeurs annonçaient le possible envoi de navire de la marine Royale britannique pour protéger les eaux territoriales en cas de no deal, les politiques ont appelé au calme pour faciliter les discussions.

Ces négociations de la dernière chance ont redonné de l’air à la livre sterling,  et la paire EURGBP est repassée sous les 0.91 ce lundi (0.9080), après avoir franchi les 0.92 vendredi.

Activité : La semaine dernière, la BCE a annoncé, comme attendu, une extension de son programme de rachats d’actifs, qui perdurera au-delà de juin 2021 et couvrira EUR 500 milliards de titres supplémentaires (contre un programme initial de EUR 1 200 milliards).

Les chiffres de la semaine : Indice IFO du climat des affaires en Allemagne (18/12).

 



10/12/2020

Flash : BCE et plan de sauvetage de l’UE font repasser l’EURUSD au-dessus des 1.21

 

BCE

La BCE tenait sa réunion de politique monétaire ce jeudi et a confirmé les attentes du marché en prolongeant la durée son programme de rachats d’actifs (le Pandemic Emergency Purchase Programme-PEPP) de juin 2021 à mars 2022, dont le montant est revu à la hausse à EUR 1 850 Mrds, soit une rallonge de EUR 500 Mrds. La banque centrale continuera également de fournir des liquidités à taux réduits aux banques au-delà de la période initialement prévue.

La BCE confirme par ailleurs ses craintes d’une récession au Q4 2020, et anticipe désormais une croissance de seulement 3.9% en zone euro en 2021 (contre 5.5% auparavant) mais prédit une reprise plus forte en 2022, avec une croissance anticipée à 4.2% (contre 3.2% auparavant).

L’EURUSD traite autour des 1.2120 en fin de séance, au plus haut depuis avril 2018. Le prochain objectif se situe dans la zone des 1.2175/1.2200 et l’on pourrait rapidement tester ces niveaux si le congrès US passait une nouvelle séries de mesures de relance qui donneraient de l’air à l’économie américaine (chômeurs et PME notamment).

 

Plan de sauvetage de l’UE

Sur le front politique, les dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles sont parvenus à un accord avec la Hongrie et la Pologne, dégageant la voie au plan de sauvetage bouclé cet été (EUR 750 Mrds) et au budget pluriannuel couvrant la période 2021-2027 (EUR 1 100 Mrds).

Seule ombre au tableau pour la monnaie unique, le dîner de mercredi soir entre Boris Johnson et Ursula von der Leyen n’a pas permis de réchauffer les négociations du Brexit portant sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Les deux responsables se sont donnés jusqu’à dimanche pour parvenir à un accord.

L’EURGBP s’échange autour des 0.9130, au plus haut depuis plus de deux mois, alors que les deux parties s’accordent sur des divergences sérieuses et confirment la possibilité d’un no deal. La fin de semaine s’annonce agitée pour la livre.



07/12/2020

L’EURUSD au plus haut, la BCE en ligne de mire

Etats-Unis

Politique : Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid quant aux résultats de l’élection présidentielle, même s’il a donné son feu vert à une transition avec la future administration Biden. Le Président sortant a ainsi notamment appelé le gouverneur de l’état de Géorgie (Républicain) à renverser le résultat en sa faveur et a réitéré ses accusations selon lesquelles l’élection avait été manipulée par des fraudes, affirmant à rebours des résultats officiels qu’il avait remporté la Géorgie (« We won Georgia, just so you know »).

Sur le front de la crise économique, un groupe bipartisan de 10 sénateurs pourrait présenter ce lundi un plan de soutien de USD 900 Mrds, qui viserait notamment à aider les petites entreprises et prolonger les aides apportées aux chômeurs. Cette initiative intermédiaire entre la proposition de l’administration sortante (autour de USD 500 Mrds) et le plan démocrate (USD 2.2 Mrds) pourrait faire office de compromis, à condition que le Président Trump et le leader de la majorité républicaine au Sénat l’approuvent.

Sur le plan sanitaire, les Etats-Unis s’enfoncent toujours plus dans la crise alors que plus de 280 000 américains sont décédés du Covid19 et que les nouvelles contaminations quotidiennes ont dépassé le chiffre de 200 000 à plusieurs reprises la semaine dernière.

Activité : la résurgence de l’épidémie se ressent sur les chiffres parus la semaine dernière et qui confirment le ralentissement de l’activité aux Etats-Unis, comme en attestent la baisse de l’ISM manufacturier au mois de novembre (57.5, après 59.3 en octobre) et le net ralentissement des créations d’emplois pour le même mois (+ 245 000, contre un consensus à 440 000 et après un chiffre de 610 000 en octobre). Alors que le taux de chômage recule à 6.7% (après 6.9% en octobre), les chiffres indiquent aussi une baisse du taux d’activité à 61.5% après 61.7% le mois précédent (le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs – actifs occupés et chômeurs – et l’ensemble de la population correspondante*). Ce dernier indicateur, qui a touché un plus bas en avril à 60.2%, plafonne et peine à retrouver son niveau d’il y a un an à 63.2%, laissant supposer que nombre d’américains sont encore éloignés du marché du travail.

Les chiffres de la semaine : Taux d’inflation du mois de novembre (09/12), Indice (préliminaire) de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan du mois de  décembre (11/12).

A l’ouverture de la séance asiatique, la paire EURUSD s’échange ce lundi matin autour des 1.2120, au plus haut depuis le printemps 2018.

 

Europe

Politique : Après un constat partagé sur les points bloquants (pêche, concurrence et gouvernance), le Premier Ministre britannique, Boris Johnson, et la Présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les négociations pour tenter de parvenir à un accord d’ici la fin de l’année et ainsi éviter le no deal. Alors que l’issue de ces discussions est toujours incertaine, certains Etats européens mettent en garde contre l’obtention d’un deal à tout prix, qui se ferait en dépit des meilleurs intérêts de l’UE – la France a par exemple annoncé qu’elle pourrait opposer son véto si elle estimait qu’un mauvais accord lui était présenté. La paire EURGBP s’échange au plus haut depuis un mois ce lundi matin (0.9105), pointant la nervosité des marchés alors que s’engage la dernière ligne droite.

Concernant le plan de sauvetage de EUR 750 Mrds, le blocage de la Pologne et de la Hongrie persiste et l’hypothèse d’une solution alternative à 25 prend de l’ampleur, accentuant la pression sur les deux capitales d’Europe centrale.

Activité : L’inflation en zone euro se maintient en territoire négatif et le bloc devrait retomber en récession au quatrième trimestre, mettant davantage de pression sur la BCE, qui se réunit cette semaine, pour qu’elle augmente son soutien à la reprise. L’institution de Francfort pourrait étendre son programme de rachat d’actifs au-delà de juin 2021 pour un montant additionnel de EUR 500 Mrds (en complément des EUR 1.35 Mrds déjà actés depuis le début de la pandémie).

Les chiffres de la semaine : Indice ZEW de l’activité en Allemagne pour le mois de décembre (08/12), Réunion de la Banque Centrale Européenne (10/12)

*https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1938#:~:text=Le%20taux%20d’activit%C3%A9%20est,ensemble%20de%20la%20population%20correspondante.



02/12/2020

Plusieurs raisons expliquent cette remontée, mais elles s’inscrivent toutes dans la même logique: le marché est passé en mode risk on, l’optimisme l’emporte.

Les valeurs refuges, dont l’USD perdent de la valeur, les actifs plus risqués s’apprécient.

  • Les premières vaccinations contre le covid-19 devraient démarrer assez rapidement (le Royaume-Uni a autorisé aujourd’hui le vaccin de Pfizer).
  • Un nouveau plan de relance aux US se précise
  • Il semblerait que le Royaume-Uni et l’Europe pourraient parvenir à un accord.

Est-ce que la BCE va laisser faire? Lors de la dernière incursion début septembre au-dessus de 1,20, la réaction de la Banque Centrale Européenne n’avait pas tardé, en rappelant qu’elle surveillait le niveau de l’EURUSD. Cette piqûre de rappel avait suffit à ramener la paire sous les 1.20.

 



30/11/2020

Dollar au plus bas et retour de Janet Yellen ?

Etats-Unis

Politique : Donald Trump a finalement accepté de lancer le processus de transition avec la future administration Biden. Et bien que le Président sortant maintienne ses accusations de fraude visant à jeter le doute sur la victoire du démocrate, il a déclaré pour la première fois qu’il quitterait le bureau ovale si le collège électoral votait pour Joe Biden (le vote du collège électoral est prévu le 14 décembre).

Le Président-élu a par ailleurs annoncé les premiers noms de l’équipe qui l’entourera à la Maison Blanche. Un poste en particulier pourrait focaliser l’attention des marchés : celui du futur Secrétaire au Trésor. Et il se murmure que Janet Yellen, ancienne Présidente « colombe » (partisane d’une politique monétaire accommodante) de la Fed pourrait être l’heureuse élue. Si cette nomination se concrétisait, on peut imaginer J. Powell, à la Fed, et J. Yellen, au Trésor, se coordonner pour relancer l’économie. Les marchés anticipent en effet de nouvelles mesures monétaires en décembre (on surveillera à ce titre l’audition de J. Powell au congrès cette semaine) pour soutenir la reprise, en attendant un potentiel second plan de relance budgétaire concocté par Biden (et peut-être J. Yellen, donc). Des politiques monétaire et fiscale durablement accommodantes pourraient affaiblir le dollar. En début de séance ce lundi, le biller vert est d’ailleurs au plus bas depuis deux ans face à un panier de devises de référence, alors que les indices actions américains ont battu des records vendredi. Le retour de l’appétit pour le risque continue de peser sur le dollar.

Activité : Plusieurs indicateurs d’activité parus la semaine dernière soulignent la bonne tenue de l’économie américaine malgré des nouvelles contaminations au Covid19 qui ne fléchissent pas (162 000 nouveaux car par jour en moyenne la semaine dernière). D’une part, les commandes de biens durables du mois d’octobre ont battu les attentes (+1.3% vs consensus à +0.9%, après +2.1% en septembre) et, d’autre part, le PMI flash du mois de novembre indique une accélération de l’activité jamais vue depuis 5 ans (tant pour l’activité manufacturière que dans les services). Du côté des consommateurs, les deux indices publiés par le Conference Board et l’université du Michigan pointent un recul de la confiance au mois de novembre.

Les chiffres de la semaine : ISM manufacturier du mois de novembre (01/12), NFPs (Non-Farm Payrolls) pour les créations d’emploi et le taux de chômage du mois de novembre (04/12) .

A l’ouverture de la séance asiatique, la paire EURUSD s’échange ce lundi matin autour des 1.1970, et les plus hauts atteints en septembre.

 

Europe

Politique : On croit radoter concernant les deux sujets politiques majeurs qui occupent l’Union Européenne, à savoir que le plan de relance est bloqué par la Hongrie et la Pologne (financements contre respect de l’Etat de droit) et que les négociations UE / Royaume-Uni pour trouver un accord commercial patinent alors que la période de transition expirera le 31 décembre (trois points d’achoppement : la pêche, les règles de concurrence et la gouvernance pour régler les différends).

Activité : L’indice IFO du climat des affaires en Allemagne pour novembre est ressorti en repli (90.7) mais a battu les attentes (90.1) et, dans le même temps le PMI manufacturier allemand a certes ralenti (57.9 après 58.2 en octobre.) mais moins que prévu (56.5), confirmant la résilience de la première économie européenne malgré la crise.

Les chiffres de la semaine : Taux de chômage en Allemagne pour novembre (01/12), Inflation en zone euro pour novembre (01/12)