BCE


18/01/2021

Biden prêtera serment mercredi, le Covid19 et le risque politique menacent la reprise en Europe et pèsent sur l’euro

Etats-Unis

Politique :  Malgré la résistance de Donald Trump et ses tentatives pour contester sa défaite électorale, Joe Biden prêtre serment ce mercredi 20 janvier et sera intronisé 46ème président des Etats-Unis à Washington D.C. La capitale fédérale s’est transformée ces derniers jours en une forteresse imprenable, quadrillée par plusieurs milliers de membres de la garde nationale. Les forces de l’ordre ont été déployées pour protéger la cérémonie d’investiture de Biden, sur laquelle plane la menace d’actes violents de militants extrémistes, qui compteraient s’inspirer des événements du 06 janvier (invasion du capitole).

Autre signe du haut niveau de tension politique outre-Atlantique, la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté mercredi 13 janvier l’acte d’accusation de Donald Trump pour « incitation à l’insurrection ». Cette nouvelle procédure de destitution enclenchée contre Trump, et qui reposera désormais entre les mains du Sénat, fait de lui le premier Président américain de l’histoire à être confronté à deux tentatives de destitution.

Malgré le choc toujours palpable de cet épisode, le Président-élu a poursuivi la formation de son nouveau cabinet et détaillé son projet de plan de relance de USD 1.900 milliards, après les USD 900 milliards votés fin décembre et les USD 2.200 du CARE Act approuvés au printemps. Cette troisième bouée de sauvetage lancée à l’économie américaine visera notamment à muscler la lutte contre le Covid19 (vaccination, tests, réouverture des écoles) et à soutenir les familles (chèque de USD 1.400, allocations chômage), les petites entreprises et les collectivités locales (équipements, personnels).

Activité : les ventes au détail ont reculé en décembre (-1.7% par rapport à novembre), confirmant le ralentissement anticipé au quatrième trimestre, alors que l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan est en léger repli (à 79.2 après 80.7).

Chiffres de la semaine : PMI Manufacturier de janvier (22/01)

En ce début de semaine, la paire EURUSD s’échange autour des 1.2080, un support sur lequel la paire s’est déjà appuyée début décembre. Une cassure de ce support ouvrirait la voie à un retour sous les 1.20.

Europe

Sanitaire : la situation est toujours difficile en Europe, où de (tristes) records de décès quotidiens ont été atteints la semaine dernière, notamment au Royaume-Uni (1.564) et en Allemagne (1.244). Très inquiète, la chancelière allemande A. Merkel a évoqué une possible extension du confinement en vigueur pour 10 semaines supplémentaires. Par ailleurs, le laboratoire Pfizer a annoncé de possibles retards dans ses livraisons de vaccins à l’UE dans les prochaines semaines, agitant le spectre d’une pénurie de nouvelles doses à court terme.

Malgré ce contretemps, les campagnes de vaccination continue de se déployer à travers l’Europe alors que l’agence européenne du médicament a été sollicitée par AstraZeneca, le laboratoire anglo-suédois, pour une demande de commercialisation de son vaccin, plus facile à stocker et donc à distribuer que les solutions de Pfizer-BioNTech et Moderna.

Activité : alors que peu de données macro-économiques ont été publiées la semaine dernière, les minutes de la dernière réunion de la BCE ont en revanche confirmé l’inquiétude des banquiers centraux vis-à-vis de la faiblesse de l’inflation, accentuée par le renforcement de l’euro. L’institution de Francfort tiendra justement sa réunion de politique monétaire et nous n’attendons pas de décision majeure cette fois-ci.

Politique : sur le plan politique, deux gouvernements de la zone euro ont été fragilisés ces derniers jours. Aux Pays-Bas, le Premier Ministre Mark Rutte a présenté la démission de son gouvernement, suite à un scandale où des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude aux prestations sociales. Des élections législatives se tiendront en mars ; d’ici là le cabinet sortant expédiera les affaires courantes. En Italie, c’est la démission de ministres proches de l’ancien Premier Ministre Matteo Renzi, qui font vaciller la coalition majoritaire au pouvoir et pourrait faire tomber le gouvernement. Matteo Renzi reproche à Giuseppe Conte, l’actuel PM, sa méthode et le manque d’ambition du plan de relance de EUR 200 Mrds en préparation.

Les perspectives sanitaires très incertaines, qui pourraient provoquer une extension des mesures de restriction et paralyser la reprise tant attendue en 2021, associées au retour du risque politique, notamment dans une Italie très durement touchée par la pandémie, pèsent sur la monnaie unique.

Chiffres de la semaine : Indice ZEW du sentiment économique en Allemagne et zone Euro en janvier (19/01), Réunion de la BCE (21/01).

 



14/12/2020

Suspense sur le Brexit, la Fed comme la BCE

Etats-Unis

Politique : Le Président-élu Biden devrait être officiellement choisi ce lundi par le collège électoral, après une fin de semaine difficile pour le camp Trump qui a du essuyer plusieurs déconvenues judiciaires, la Cour suprême ayant rejeté plusieurs demandes d’invalidation de résultats dans les Etats clés.

Fed : Le comité de politique monétaire de la Fed (le FOMC) tient sa dernière réunion de l’année cette semaine (15 et 16 décembre) et fait face à une situation contrastée outre-Atlantique. D’une part, la crise sanitaire reste aigüe (nouvelles contaminations, décès et hospitalisations sont au plus haut) et met la pression sur de nombreux Etats qui ont renforcé les mesures sanitaires. Dans le même temps, les créations d’emplois ralentissent. Mais c’est peut-être l’expiration des mesures de soutien prises eu printemps qui inquiète le plus la Fed, alors que près de 10 millions d’américains sans emploi pourraient perdre leurs indemnités exceptionnelles et que l’expulsion des locataires pourrait reprendre. Or, à ce stade, les négociations entre Démocrates et Républicains pour passer une nouvelle série de mesures (stimulus) de USD 900 milliards restent bloquées.

De l’autre, l’économie américaine fait preuve de résistance (confiance des consommateurs bien orientée, croissance supérieure aux attentes au T3). Enfin, et peut-être surtout, la perspective d’une campagne de vaccination ambitieuse (objectif de 100 millions de personnes vaccinées d’ici fin février) fait miroiter une amélioration rapide de la situation sanitaire, permettant à l’économie de sortir de l’ornière et de redémarrer pleinement.

Ainsi, la Fed pourrait donner de nouvelles indications liées à son programme de rachats d’actifs, en annonçant par exemple un allongement du programme pour rassurer sur son intention de soutenir l’économie aussi longtemps que nécessaire, ou en se positionnant sur des titres de maturité plus longue pour mieux contrôler les taux longs. Ces annonces pourraient affaiblir le billet vert et faire grimper la paire EURUSD vers les 1.23 pour la fin d’année, à mesure du déploiement des vaccins et de la réduction des risques.

A l’ouverture de la séance européenne, la paire EURUSD s’échange ce lundi autour des 1.2150, proche des plus hauts vus en fin de semaine dernière.

Les chiffres de la semaine : Ventes au détail de novembre (16/12), PMI manufacturier de décembre (16/12) et réunion de la Fed / FOMC (16/12).

 

Europe

Politique : Le sommet européen de la semaine dernière à Bruxelles a permis de lever l’opposition de la Hongrie et de la Pologne au plan de sauvetage dont l’Union avait accouché en juillet dernier ; les 27 pourront donc emprunter via la Commission Européenne pour relancer les économies durement frappées par les conséquences de la pandémie de Covid19.

Brexit : L’Union Européenne et le Royaume-Uni s’étaient donné jusqu’à dimanche pour trouver un accord mais on finalement décidé de prolonger les discussions, sans toutefois indiquer de date de fin pour cette extension. Malgré les points de divergence qui subsistent, notamment sur la pêche, les deux parties souhaitent se donner de toutes les chances d’arracher un accord in extremis. Alors que des rumeurs annonçaient le possible envoi de navire de la marine Royale britannique pour protéger les eaux territoriales en cas de no deal, les politiques ont appelé au calme pour faciliter les discussions.

Ces négociations de la dernière chance ont redonné de l’air à la livre sterling,  et la paire EURGBP est repassée sous les 0.91 ce lundi (0.9080), après avoir franchi les 0.92 vendredi.

Activité : La semaine dernière, la BCE a annoncé, comme attendu, une extension de son programme de rachats d’actifs, qui perdurera au-delà de juin 2021 et couvrira EUR 500 milliards de titres supplémentaires (contre un programme initial de EUR 1 200 milliards).

Les chiffres de la semaine : Indice IFO du climat des affaires en Allemagne (18/12).

 



10/12/2020

Flash : BCE et plan de sauvetage de l’UE font repasser l’EURUSD au-dessus des 1.21

 

BCE

La BCE tenait sa réunion de politique monétaire ce jeudi et a confirmé les attentes du marché en prolongeant la durée son programme de rachats d’actifs (le Pandemic Emergency Purchase Programme-PEPP) de juin 2021 à mars 2022, dont le montant est revu à la hausse à EUR 1 850 Mrds, soit une rallonge de EUR 500 Mrds. La banque centrale continuera également de fournir des liquidités à taux réduits aux banques au-delà de la période initialement prévue.

La BCE confirme par ailleurs ses craintes d’une récession au Q4 2020, et anticipe désormais une croissance de seulement 3.9% en zone euro en 2021 (contre 5.5% auparavant) mais prédit une reprise plus forte en 2022, avec une croissance anticipée à 4.2% (contre 3.2% auparavant).

L’EURUSD traite autour des 1.2120 en fin de séance, au plus haut depuis avril 2018. Le prochain objectif se situe dans la zone des 1.2175/1.2200 et l’on pourrait rapidement tester ces niveaux si le congrès US passait une nouvelle séries de mesures de relance qui donneraient de l’air à l’économie américaine (chômeurs et PME notamment).

 

Plan de sauvetage de l’UE

Sur le front politique, les dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles sont parvenus à un accord avec la Hongrie et la Pologne, dégageant la voie au plan de sauvetage bouclé cet été (EUR 750 Mrds) et au budget pluriannuel couvrant la période 2021-2027 (EUR 1 100 Mrds).

Seule ombre au tableau pour la monnaie unique, le dîner de mercredi soir entre Boris Johnson et Ursula von der Leyen n’a pas permis de réchauffer les négociations du Brexit portant sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. Les deux responsables se sont donnés jusqu’à dimanche pour parvenir à un accord.

L’EURGBP s’échange autour des 0.9130, au plus haut depuis plus de deux mois, alors que les deux parties s’accordent sur des divergences sérieuses et confirment la possibilité d’un no deal. La fin de semaine s’annonce agitée pour la livre.



07/12/2020

L’EURUSD au plus haut, la BCE en ligne de mire

Etats-Unis

Politique : Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid quant aux résultats de l’élection présidentielle, même s’il a donné son feu vert à une transition avec la future administration Biden. Le Président sortant a ainsi notamment appelé le gouverneur de l’état de Géorgie (Républicain) à renverser le résultat en sa faveur et a réitéré ses accusations selon lesquelles l’élection avait été manipulée par des fraudes, affirmant à rebours des résultats officiels qu’il avait remporté la Géorgie (« We won Georgia, just so you know »).

Sur le front de la crise économique, un groupe bipartisan de 10 sénateurs pourrait présenter ce lundi un plan de soutien de USD 900 Mrds, qui viserait notamment à aider les petites entreprises et prolonger les aides apportées aux chômeurs. Cette initiative intermédiaire entre la proposition de l’administration sortante (autour de USD 500 Mrds) et le plan démocrate (USD 2.2 Mrds) pourrait faire office de compromis, à condition que le Président Trump et le leader de la majorité républicaine au Sénat l’approuvent.

Sur le plan sanitaire, les Etats-Unis s’enfoncent toujours plus dans la crise alors que plus de 280 000 américains sont décédés du Covid19 et que les nouvelles contaminations quotidiennes ont dépassé le chiffre de 200 000 à plusieurs reprises la semaine dernière.

Activité : la résurgence de l’épidémie se ressent sur les chiffres parus la semaine dernière et qui confirment le ralentissement de l’activité aux Etats-Unis, comme en attestent la baisse de l’ISM manufacturier au mois de novembre (57.5, après 59.3 en octobre) et le net ralentissement des créations d’emplois pour le même mois (+ 245 000, contre un consensus à 440 000 et après un chiffre de 610 000 en octobre). Alors que le taux de chômage recule à 6.7% (après 6.9% en octobre), les chiffres indiquent aussi une baisse du taux d’activité à 61.5% après 61.7% le mois précédent (le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs – actifs occupés et chômeurs – et l’ensemble de la population correspondante*). Ce dernier indicateur, qui a touché un plus bas en avril à 60.2%, plafonne et peine à retrouver son niveau d’il y a un an à 63.2%, laissant supposer que nombre d’américains sont encore éloignés du marché du travail.

Les chiffres de la semaine : Taux d’inflation du mois de novembre (09/12), Indice (préliminaire) de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan du mois de  décembre (11/12).

A l’ouverture de la séance asiatique, la paire EURUSD s’échange ce lundi matin autour des 1.2120, au plus haut depuis le printemps 2018.

 

Europe

Politique : Après un constat partagé sur les points bloquants (pêche, concurrence et gouvernance), le Premier Ministre britannique, Boris Johnson, et la Présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les négociations pour tenter de parvenir à un accord d’ici la fin de l’année et ainsi éviter le no deal. Alors que l’issue de ces discussions est toujours incertaine, certains Etats européens mettent en garde contre l’obtention d’un deal à tout prix, qui se ferait en dépit des meilleurs intérêts de l’UE – la France a par exemple annoncé qu’elle pourrait opposer son véto si elle estimait qu’un mauvais accord lui était présenté. La paire EURGBP s’échange au plus haut depuis un mois ce lundi matin (0.9105), pointant la nervosité des marchés alors que s’engage la dernière ligne droite.

Concernant le plan de sauvetage de EUR 750 Mrds, le blocage de la Pologne et de la Hongrie persiste et l’hypothèse d’une solution alternative à 25 prend de l’ampleur, accentuant la pression sur les deux capitales d’Europe centrale.

Activité : L’inflation en zone euro se maintient en territoire négatif et le bloc devrait retomber en récession au quatrième trimestre, mettant davantage de pression sur la BCE, qui se réunit cette semaine, pour qu’elle augmente son soutien à la reprise. L’institution de Francfort pourrait étendre son programme de rachat d’actifs au-delà de juin 2021 pour un montant additionnel de EUR 500 Mrds (en complément des EUR 1.35 Mrds déjà actés depuis le début de la pandémie).

Les chiffres de la semaine : Indice ZEW de l’activité en Allemagne pour le mois de décembre (08/12), Réunion de la Banque Centrale Européenne (10/12)

*https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1938#:~:text=Le%20taux%20d’activit%C3%A9%20est,ensemble%20de%20la%20population%20correspondante.



30/11/2020

Dollar au plus bas et retour de Janet Yellen ?

Etats-Unis

Politique : Donald Trump a finalement accepté de lancer le processus de transition avec la future administration Biden. Et bien que le Président sortant maintienne ses accusations de fraude visant à jeter le doute sur la victoire du démocrate, il a déclaré pour la première fois qu’il quitterait le bureau ovale si le collège électoral votait pour Joe Biden (le vote du collège électoral est prévu le 14 décembre).

Le Président-élu a par ailleurs annoncé les premiers noms de l’équipe qui l’entourera à la Maison Blanche. Un poste en particulier pourrait focaliser l’attention des marchés : celui du futur Secrétaire au Trésor. Et il se murmure que Janet Yellen, ancienne Présidente « colombe » (partisane d’une politique monétaire accommodante) de la Fed pourrait être l’heureuse élue. Si cette nomination se concrétisait, on peut imaginer J. Powell, à la Fed, et J. Yellen, au Trésor, se coordonner pour relancer l’économie. Les marchés anticipent en effet de nouvelles mesures monétaires en décembre (on surveillera à ce titre l’audition de J. Powell au congrès cette semaine) pour soutenir la reprise, en attendant un potentiel second plan de relance budgétaire concocté par Biden (et peut-être J. Yellen, donc). Des politiques monétaire et fiscale durablement accommodantes pourraient affaiblir le dollar. En début de séance ce lundi, le biller vert est d’ailleurs au plus bas depuis deux ans face à un panier de devises de référence, alors que les indices actions américains ont battu des records vendredi. Le retour de l’appétit pour le risque continue de peser sur le dollar.

Activité : Plusieurs indicateurs d’activité parus la semaine dernière soulignent la bonne tenue de l’économie américaine malgré des nouvelles contaminations au Covid19 qui ne fléchissent pas (162 000 nouveaux car par jour en moyenne la semaine dernière). D’une part, les commandes de biens durables du mois d’octobre ont battu les attentes (+1.3% vs consensus à +0.9%, après +2.1% en septembre) et, d’autre part, le PMI flash du mois de novembre indique une accélération de l’activité jamais vue depuis 5 ans (tant pour l’activité manufacturière que dans les services). Du côté des consommateurs, les deux indices publiés par le Conference Board et l’université du Michigan pointent un recul de la confiance au mois de novembre.

Les chiffres de la semaine : ISM manufacturier du mois de novembre (01/12), NFPs (Non-Farm Payrolls) pour les créations d’emploi et le taux de chômage du mois de novembre (04/12) .

A l’ouverture de la séance asiatique, la paire EURUSD s’échange ce lundi matin autour des 1.1970, et les plus hauts atteints en septembre.

 

Europe

Politique : On croit radoter concernant les deux sujets politiques majeurs qui occupent l’Union Européenne, à savoir que le plan de relance est bloqué par la Hongrie et la Pologne (financements contre respect de l’Etat de droit) et que les négociations UE / Royaume-Uni pour trouver un accord commercial patinent alors que la période de transition expirera le 31 décembre (trois points d’achoppement : la pêche, les règles de concurrence et la gouvernance pour régler les différends).

Activité : L’indice IFO du climat des affaires en Allemagne pour novembre est ressorti en repli (90.7) mais a battu les attentes (90.1) et, dans le même temps le PMI manufacturier allemand a certes ralenti (57.9 après 58.2 en octobre.) mais moins que prévu (56.5), confirmant la résilience de la première économie européenne malgré la crise.

Les chiffres de la semaine : Taux de chômage en Allemagne pour novembre (01/12), Inflation en zone euro pour novembre (01/12)



17/11/2020

Un vaccin pour sauver la fin d’année ?

Etats-Unis

Politique : Le camp Trump et le Président lui-même commence à reconnaître la victoire de Joe Biden même si le milliardaire a qualifié l’élection de « truquée » (rigged). Et bien que l’administration sortante fasse preuve de mauvaise volonté pour engager la transition, la situation semble bien confirmer l’arrivée prochaine d’une équipe Biden à la Maison Blanche. Le Président élu a rappelé son engagement en faveur du climat, a confirmé son souhait de renouer avec les alliances historiques des Etats-Unis et a surtout fait de la lutte contre la pandémie de coronavirus une priorité absolue à court terme. Alors qu’on évoque depuis plusieurs mois un nouveau dispositif de soutien à l’économie, les annonces de Pfizer et Moderna, qui ont fait état de l’avancée positive de leurs candidats vaccins, pourraient éloigner la perspective de mesures fiscales de grande ampleur. Or ce sont bien ces fameuses dépenses gouvernementales que les banquiers centraux (notamment C. Lagarde à la BCE et J. Powell à la Fed) mais aussi le FMI appellent de leurs voeux, pour soutenir une économie mondiale convalescente et sujette à des rechutes à chaque nouvelle vague.

Activité : L’inflation continue de ralentir au mois d’octobre (1.6% en rythme annuel pour l’indice sous-jacent, après 1.7% en septembre) alors que la confiance des consommateurs se dégrade (indice de l’Université du Michigan à 77 après 81.8 en septembre), en réponse aux records de nouvelles contaminations enregistrés ces derniers jours outre-Atlantique (plus de 200 000 cas par jour).

La paire EURUSD qui se traite dans un range 1.16 – 1.19 depuis fin juillet semble attirée par le haut de ce corridor depuis le jour de l’élection américaine.

Les chiffres de la semaine : Ventes au détail du mois d’octobre (17/11)

 

Europe

Politique : Le plan de relance âprement négocié cet été (21 juillet) est menacé par la position inflexible de la Pologne et la Hongrie qui ont refusé lundi 16 novembre que le versement des aides de l’UE soit conditionné au respect de « l’Etat de droit ». Pour rappel, ce sont 750 Mrds d’euros que la Commission Européenne pourrait emprunter sur les marchés pour financer sur plusieurs années la reprise économique. Les discussions se poursuivront dans les prochains jours pour débloquer la situation. Une paralysie politique qui remettrait en cause le déploiement du plan de relance pourrait faire pression à la baisse sur l’euro, plusieurs pays de la zone comptant sérieusement sur ces fonds pour redresser leur économie. Par ailleurs, la seconde vague semble maîtrisée en France et en Allemagne, laissant entrevoir une éclaircie pour la période des « fêtes » de fin d’année, cruciale pour de nombreux secteurs très affectés par la crise (les commerces notamment). L’Allemagne et la France se prépareraient d’ailleurs à lancer des campagnes de vaccination à l’horizon du début d’année 2021 qui cibleraient en priorité les personnels soignants et personnes vulnérables.

Activité : La seconde estimation du PIB de la zone euro au troisième trimestre confirme le rebond de l’activité (+12.7% en rythme annuel, après -11.6% au deuxième trimestre) même si le quatrième pourrait acter un nouveau recul de la production.

Les chiffres de la semaine : Inflation sous-jacente du mois d’octobre (18/11)

 

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, malgré le départ de Dominic Cummings, cerveau de la campagne du Brexit et proche conseiller du Premier Ministre, Boris Johnson, et alors que les négociations sur le Brexit patinent, la livre sterling se maintient en attendant une issue toujours plus incertaine.



12/11/2020

Biden, le vaccin et la BCE : avantage au dollar face à l’euro ?

Etats-Unis

Politique : L’élection de Joe Biden aura exigé quelques jours de patience avant de se matérialiser, même si les recours déposés par le camp Trump doivent encore être tranchés avant qu’elle soit définitivement validée. En attendant, l’absence de troubles majeurs aux Etats-Unis, malgré un suspense prolongé, et l’annonce encourageante de Pfizer concernant son candidat-vaccin semblent dégager l’horizon à court terme. Les marchés actions ont d’ailleurs salué les promesses du géant pharmaceutique par une envolée historique. Ce retour des investisseurs vers les actifs risqués a permis au billet vert de reprendre quelques couleurs (l’eurodollar est repassé sous la barre des 1.18 après avoir franchi les 1.19 lundi).

Fed : Si l’élection du 03 novembre a accaparé l’attention pendant quelques jours, il est à noter que le FOMC (comité de politique monétaire de la Fed) s’est réuni la semaine dernière et que Jérome Powell, président de la Fed, a souligné l’importance de la politique budgétaire pour sortir de la crise (« rôle essentiel »). Etant quasiment acquis que J. Powell maintiendra une politique monétaire très accommodante pendant une période prolongée, la question est désormais de savoir ce qu’il adviendra de la politique budgétaire à la main du futur Président.

Cette politique budgétaire sera particulièrement scrutée et pourrait être le principal facteur important la valeur du dollar dans les mois à venir. Et ce sont probablement les deux sièges de Sénateurs en jeu en Géorgie en janvier 2021 qui décideront de la marge de manoeuvre dont disposera Joe Biden pour passer ses réformes : à ce stade les Républicains détiennent 50 sièges contre 48 aux Démocrates. Ces derniers devront absolument remporter ces 2 sièges au risque de voir les Républicains bloquer nombre de réformes de la nouvelle administration.

Activité : les chiffres de l’emploi publiés la semaine dernière étaient meilleurs qu’attendus, l’économie américaine ayant créé 638 000 emplois en octobre (vs consensus à 530 000) et le taux de chômage a chuté à 6.9% (vs consensus à 7.7%).

Les chiffres de la semaine : Inflation du mois d’octobre (12/11), Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (13/11)

 

Europe

BCE : Alors que l’hypothèse d’un vaccin disponible dès le premier trimestre 2021 est évoquée par des officiels européens, la Présidente de la BCE Christine Lagarde insiste sur les risques d’une reprise en dent de scie et rappelle que l’institution de Francfort se tient prête à muscler son jeu (probablement en décembre), en renforçant les mesures monétaires mises en oeuvre depuis le printemps. Cette tonalité très accommodante de ce côté de l’Atlantique pourrait présager d’un repli de l’euro face au dollar, notamment si la croissance américaine continue de mieux résister à la pandémie et à condition que la situation sanitaire reste sous contrôle outre-Atlantique.

Du côté du Brexit, toujours pas d’accord en vue alors que la date butoir des négociations devrait être (encore) repoussée faute d’avancées substantielles.

Activité : En Allemagne, l’indice ZEW a chuté plus qu’attendu à 39 (vs consensus à 41.7) après 56.1 en octobre et souligne l’inquiétude liée à la seconde vague de Covid19 qui frappe l’Europe de plein fouet et pourrait briser l’élan de la reprise jusqu’à la fin de l’année.

Les chiffres de la semaine : 2ème estimation du PIB de la zone Euro au T3 (13/11)



31/10/2020

A l’issue de sa réunion du 29 décembre, la BCE a opté, pour le moment, sur le statut quo, mais a préparé le marché à des mesures de soutien supplémentaires pour le mois de décembre.

 

Perspectives économiques


 

La BCE s’attend à un fléchissement de l’activité économique au quatrième trimestre.

L’inflation en zone euro resterait par ailleurs en territoire négatif jusqu’au début de l’année 2021 (l’inflation en zone euro est négative depuis le mois d’août).

 

Décisions de la BCE


 

La BCE a laissé ses taux inchangés :

  • Le taux directeur (taux auquel les banques empruntent à la BCE) est maintenu à 0%
  • La facilité de dépôt reste à -0.5% (taux auquel les banques placent leurs excédents auprès de la BCE

Le « Programme d’achats d’urgence pandémique » (PEPP) reste lui aussi inchangé.

(Rappelons que ce programme avait été lancé en mars (pour 750 milliards d’euros) puis augmenté au mois de juin de 600 milliards pour le porter à 1 350 milliards d’euros.)

 

 A quoi peut-on s’attendre en décembre ?


 

Christine Lagarde a laissé peu de place au doute : « Nous allons utiliser tous les instruments dont nous disposons aujourd’hui avec toute la flexibilité que nous avons pour répondre à la situation et répondre à toute évolution de la situation ».

« Nous l’avons déjà fait pour la première vague (de Covid-19), nous le ferons pour la seconde ».

Le discours est clair : Christine Lagarde prépare le marché à une intervention de la BCE lors de la première réunion de le 10/12/2020.

Quelles sont les options sur la table :

  • augmentation du PEPP de 500 milliards d’euros et sur une prolongation jusqu’à fin 2021
  • baisser la facilité de dépôt pour « contraindre » encore plus les banques à prêter

 

Conséquence sur l’EURUSD


 

Déçu, le marché a sanctionné l’EUR en le vendant, entraînant l’EURUSD à la baisse.

Néanmoins, les mesures qu’auraient pu prendre ou que sera amenée à prendre la BCE sont de nature à faire baisser l’EUR… En effet, en injectant de la liquidité dans le marché (quelle que soit la décision choisie il s’agit bien de cela) l’effet est baissier sur l’EUR.

Paradoxe alors ? Décevant le marché, la BCE provoque une baisse de l’EUR (qui d’ailleurs lui convient car l’EUR faible aide les exportateurs) que ses potentielles mesures auraient fait baisser…

Pas vraiment… les investisseurs ont besoin de se sentir rassurés par l’action de la banque centrale. Si la BCE avait annoncé des mesures fortes dès à présent, les investisseurs auraient salué cette décision en achetant l’EUR, ce qui aurait conduit à une hausse de l’EURUSD. Avant que le marché ne se stabilise et que l’EUR ne baisse compte tenu des mesures de soutien…

 

Conclusion


 

Le marché s’attendait sûrement à ce que la BCE agisse dès à présent. On peut penser que cette dernière n’a pas souhaité annoncer quoi que ce soit avant l’élection américaine. Néanmoins sa communication a été sans équivoque : elle va agir lors de la prochaine réunion du 10 décembre.

 

 



29/10/2020

L’USD s’est fortement apprécié face à l’EUR aujourd’hui, et ce pour 3 raisons :

 

  1. Le marché attendait plus de la BCE

Aujourd’hui la BCE a annoncé ne pas changer ses taux directeurs (à un plus bas historique à 0% pour le taux directeur et -0.5% pour la facilité de dépôt) et a préparé le marché à des mesures de soutien en décembre. Une partie du marché s’attendait à ce que la BCE agisse dès à présent.

« Nous n’allons pas rester sans rien faire, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition avec l’entière flexibilité dont nous disposons (…) pour faire face » a déclaré Christine Lagarde la présidente de la BCE.

 

  1. L’USD profite de l’aversion au risque

Alors que l’Allemagne et la France ont décidé de reconfiner à des degrés divers leur population, c’est toute l’Europe qui s’enfonce dans une 2ème vague dont on voit mal comment elle pourrait être stoppée rapidement.

Comme d’habitude dans ces situations, l’USD, valeur refuge, en profite.

 

  1. PIB US au 3ème trimestre en (très) forte hausse

Le PIB des Etats-Unis augmente de 33,1% en rythme annualisé alors que les économistes tablaient sur une croissance d’environ 31%. Cette hausse est largement à mettre au crédit de la consommation des ménages qui augmente de plus de 40%.

Logiquement les chiffres du chômage hebdomadaires aussi meilleurs que prévus : les inscriptions la semaine dernière ont diminué plus qu’attendu (751 000 vs 775 000 attendus).