BCE


19/04/2021

La paire EURUSD franchit à la hausse les 1.20, soutenue par les espoirs de reprise en Europe et la baisse des taux US, qui fait reculer le dollar

Le rebond de la paire EURUSD se poursuit, soutenu par les espoirs de reprise en Europe, où la vaccination accélère, le recul des taux d’intérêt américains, avec le taux à 10 ans qui est repassé sous les 1.60%, et la tonalité toujours accommodante de la Fed, qui a répété ces derniers jours qu’une remontée de l’inflation serait temporaire, écartant de fait une remontée de ses taux directeurs à court terme.

L’euphorie des marchés, dopés par les perspectives de dépenses budgétaires aux Etats-Unis et la reprise économique déjà amorcée, joue également en faveur des actifs plus risqués et en défaveur du dollar US, vu comme une valeur refuge.

En Europe, si la pandémie est toujours présente, l’accélération de la campagne de vaccination pourrait permettre d’atteindre un niveau de protection de la population significatif dès cet été, d’après le commissaire européen en charge des vaccins. Par ailleurs, le nombre total de contaminations au niveau européen est en recul, malgré des situations disparates au niveau national (hausse des cas en Allemagne mais allègement des restrictions en Belgique et au Portugal).

Techniquement, l’EURUSD a franchi les 1.20 ce lundi et s’échange autour des 1.2025, au plus haut depuis début mars. Pour s’ouvrir la voie vers les plus hauts du début d’année, la paire devra casser la résistance clé de 1.2103.

 

Etats-Unis

Sanitaire : La vaccination poursuit son déploiement massif aux Etats-Unis, où plus de 50% de la population a reçu au moins une dose et 32% a reçu deux doses. De plus, tous les adultes sont éligibles à la vaccination à partir de ce lundi 19 avril, et des signes encourageants nous parviennent du Michigan, où les nouvelles contaminations reculent, après une recrudescence ces dernières semaines.

Activité : L’indice des prix à la consommation du mois de mars est ressorti en hausse et légèrement supérieur aux attentes, à +1.6% pour l’indice sous-jacent (1.5% attendu), toujours surveillé de près par les marchés.

Chiffres de la semaine : Indice PMI manufacturier de Markit du mois d’avril (23/04)

 

Europe

Politique : Les tensions géopolitiques reviennent sur le devant de la scène européenne, avec deux foyers de tensions potentielles : l’Irlande du Nord et la frontière russo-ukrainienne. Si pour le moment ces deux zones restent sous contrôle, le retour des violences communautaires en Irlande et les mouvements de troupes russes à la frontière ukrainienne rappellent que des affrontements armés sont toujours possibles aux marges de l’Union Européenne.

Activité : L’indice ZEW du sentiment économique en Allemagne a reculé en avril, de 76.6 à 70.7, en raison des craintes d’un prolongement des mesures de restriction et alors que la torchon brule entre la chancelière Merkel, qui veut reprendre la main au niveau fédéral sur les mesures sanitaires, et des lander qui peinent à harmoniser leurs décisions. L’inflation en zone euro est ressortie à 0.9% au mois de mars, après 1.1% en février, significativement en deçà de l’objectif de 2.0% de la Banque Centrale Européenne.

Chiffres de la semaine : Réunion de politique monétaire de la BCE et conférence de presse (22/04), pendant laquelle Christine Lagarde devrait maintenir une tonalité accommodante et rappeler l’importance des piliers monétaire et fiscal pour soutenir la reprise économique.



16/03/2021

Le plan de relance massif qui a été validé par la Chambre des Représentants aux Etats-Unis a mis un terme au rebond du billet vert, qui était remonté à un plus haut de trois mois. Dans le même temps, la BCE a annoncé qu’elle augmenterait ses achats d’actifs au deuxième trimestre, indiquant son intention de limiter la remontée des taux d’intérêt. Au total, la paire EURUSD est remontée au-dessus des 1.19, dans l’attente de la réunion de la Fed cette semaine. Sur le plan sanitaire, les déboires du vaccin AstraZeneca pourrait freiner la campagne de vaccination en Europe, très dépendante des livraisons du laboratoire anglo-suédois pour atteindre ses objectifs ambitieux d’ici l’été.

Le rebond du dollar américain s’essouffle après avoir atteint le 9 mars son plus haut niveau en 3 mois, avec une paire EURUSD flirtant avec les 1.1835 la semaine dernière. Si le vote définitif à Washington du plan de soutien à l’économie a ralenti le mouvement, la paire cherche un point d’équilibre, probablement autour des 1.20.

Ce léger mieux de l’euro intervient alors que la BCE, via sa Présidente C. Lagarde, a indiqué que les rachats d’actifs allaient accélérer au prochain trimestre, signalant son inquiétude liée à l’augmentation de l’inflation et à la remontée des taux. Au contraire, son homologue à la Fed minimise, à ce stade, les craintes d’un retour durable de l’inflation. Nous verrons à l’occasion de la réunion de politique monétaire de la Fed de cette semaine, si son Président réaffirme sa position. Bien que les dernières données économiques américaine soient favorables, J. Powell semble pencher pour une position attentiste à court terme et refuse de donner du crédit au scénario d’une hausse de taux précoce.

Si l’optimisme des marchés se ravive à l’approche de mercredi, et que les taux reprennent leur hausse, J. Powell pourrait néanmoins être contraint de hausser le ton. Dans ce cas de figure, il rappellerait que l’économie américaine est loin d’être remise (près de 10 millions détruits n’ont pas été recréés) et pourrait engager un bras de fer avec les marchés pour affirmer la crédibilité de la Fed.

 

Etats-Unis

Politique : Le plan de soutien massif à l’économie a été voté par la Chambre des Représentants mardi 09 mars, marquant une première victoire politique d’ampleur pour Joe Biden. Les ambitions du Président couvrent également la situation sanitaire, puisque près de USD 70 milliards sont consacrés à la production de vaccins, aux tests, au traçage et à la vaccination elle-même. 60 millions d’américains ont reçu au moins une dose de vaccin, avec l’objectif d’atteindre les 100 millions début mai (soit 100 jours après l’intronisation du nouveau Président).

Activité : La confiance des consommateurs remonte, d’après le dernier chiffre de l’université du Michigan (83 en chiffre préliminaire, après 76.8 en février). Par ailleurs, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 1.7% en février (glissement annuel), la plus forte hausse depuis un an. Cependant, ce chiffre n’est pas la mesure de l’inflation privilégiée par la Fed, qui scrute le PCE, dont la dernière marque (janvier) a atteint 1.5%.

Chiffres de la semaine : Les ventes au détail ont déçu en février (-3% en glissement mensuel), perturbées notamment par une météo capricieuse. A suivre également la réunion de politique monétaire de la Fed (17/03)

 

Europe

Politique monétaire : Christine Lagarde a affirmé jeudi dernier que le rythme des rachats d’actifs allait augmenter au deuxième trimestre, suggérant que la BCE garde un oeil sur l’inflation et le début de remontée des taux d’intérêt.

Sanitaire : La situation sanitaire se complique dans plusieurs Etats européens, notamment l’Italie qui a décidé un reconfinement à partir de ce lundi face à la hausse des contaminations, après avoir rouvert les bars et restaurants, ou en France, qui connaît également une résurgence de l’épidémie. Par ailleurs, les doutes suscités par le vaccin AstraZeneca ont entraîné la suspension de la campagne de vaccination dans plusieurs pays de l’Union Européenne (Danemark, Allemagne, France, Italie, notamment), en attendant un premier avis de l’autorité européenne du médicament ce mercredi.

Chiffres de la semaine : L’indice ZEW du sentiment économique du mois de mars en Allemagne remonte nettement, à 76.6, après 71.2 au mois de février.



08/03/2021

Porté par la remontée des taux, les bons chiffres de l’emploi et le plan de relance voté au Sénat américain, le billet vert poursuit sa remontada et fait chuter l’EURUSD sous les 1.19

Le dollar US bénéficie globalement de trois éléments qui le soutiennent : le redémarrage de l’économie aux Etats-Unis est plus rapide qu’en Europe, grâce notamment à une campagne de vaccination plus réussie ; le retour de l’inflation, lié au premier point, et la remontée des taux d’intérêt qui en résulte (taux d’emprunt d’Etat à 10 ans au plus haut depuis un an, à 1.55%) ; la tonalité accommodante de la Fed, qui ne s’inquiète pas du retour de l’inflation (reflation), vu comme un mécanisme logique de rattrapage temporaire, le temps de retrouver les niveaux d’avant crise, plutôt que comme un signe de surchauffe à venir. De plus, le président de la Fed a répété qu’il maintiendra les taux directeurs au plus bas tant que les Etats-Unis n’auront pas retrouvé le plein emploi et que l’inflation ne sera pas installée durablement au-dessus des 2%.

Ces trois points expliquent en partie le rebond du billet vert au cours des derniers jours, notamment face à l’euro. La paire EURUSD s’échange au plus bas depuis 3 mois, autour des 1.1880 ce lundi matin. Si la baisse se poursuit, le prochain support se situe autour des 1.1780.

Un quatrième élément, dont l’impact est plus incertain, devrait également animer les prochains jours sur le marché des devises : le plan de soutien de US 1.900 milliards a été validé au Sénat ce weekend, et pourrait être adopté définitivement par la Chambre des Représentants cette semaine. Pour rappel, ce plan de relance géant prévoit notamment de soutenir le pouvoir d’achat des ménages à hauteur de USD 400 milliards (les fameux chèques de USD 1 400) et l’extension des allocations chômage alors que près de 10 millions d’américains ont perdu leur emploi à cause de la crise du Covid19.

 

Etats-Unis

Politique : Le plan Biden de USD 1.900 Mrds a donc été voté d’une courte majorité (50-49) au Sénat et pourrait être définitivement entériné à la Chambre des Représentants cette semaine. L’impact de ce plan est ambivalent : ces dépenses budgétaires géantes pourraient d’une part favoriser les actifs risqués et détourner les investisseurs du dollar US mais elles pourraient aussi, d’autre part, accentuer les pressions inflationnistes et forcer la Fed à remonter ses taux directeurs plus tôt que prévu et enclencher un mouvement de capitaux vers le billet vert.

Activité : Signe du dynamisme de la reprise outre-Atlantique, l’activité manufacturière mesurée par l’indice ISM est en hausse (à 60.8 après 58.7 en janvier) et au plus haut depuis le début de la crise du Covid19. Cette vigueur de l’économie se traduit dans les chiffres de l’emplois : 166 000 créations de postes en janvier et 379 000 en février (après -306 000 en décembre).

Chiffres de la semaine : Inflation du mois de février (10/03), Indice de confiance des consommateurs de l’université du Michigan (12/03)

 

Europe

Politique monétaire : Si la remontée des taux ne se fait pas autant sentir qu’aux Etats-Unis, les taux de rendement sur les dettes souveraines de la zone euro ont néanmoins augmenté ces dernières semaines. Et les pressions à la hausse sur l’inflation pourrait bien occuper les prochaines discussions des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne, qui se réunissent cette semaine. Ainsi, Christine Lagarde, Présidente de la BCE, sera probablement interrogée pendant sa conférence de presse de jeudi sur ses prévisions d’inflation et sur les mesures qu’elle pourrait prendre en cas de hausse trop forte des taux d’intérêt, une situation qui risquerait de menacer la reprise encore fragile.

Activité : En Allemagne, le taux d’inflation (préliminaire) de février remonte à 1.3% (glissement annuel), après 1.0% en janvier.

Chiffres de la semaine : Réunion de politique monétaire de la BCE (11/03)



01/03/2021

La remontée rapide des taux d’intérêt aux Etats-Unis fait rebondir le dollar US et fragilise les actifs risqués

La semaine dernière a été animée par la remontée des taux d’intérêt sur la dette américaine, avec notamment le taux à 10 ans qui a atteint le niveau de 1.614%, au plus haut depuis 1 an (et contre 0.90% début janvier). Cette poussée de fièvre des rendements obligataires a provoqué des turbulences sur les marchés financiers : les investisseurs se repositionnent en faveur de la dette américaine, une des plus sûres au monde et désormais plus attractive, au détriment d’actifs plus risqués. Les marchés actions ont ainsi reculé, tant aux Etats-Unis (près de -3% pour le Nasdaq et le SP500) qu’en Europe (-2.2% pour l’Eurostoxx), et les devises émergentes ont également souffert (réal brésilien, livre turque et rand sud-africain perdant plus de 3.5% face au billet vert).

Grand gagnant de cette hausse des taux et de l’appétit renouvelé pour les emprunts d’état américain, le dollar US a gagné plus de 1% contre l’euro et la paire EURUSD a chuté de 1.2240 (plus haut depuis mi-janvier) à 1.2070, entre jeudi et vendredi dernier. Ce lundi, la paire évolue autour des 1.2050.

Comme évoqué dans nos dernières analyses, le plan de relance de l’administration Biden (USD 1.900 Mrds) et l’optimisme sur le front sanitaire ravivent les espoirs d’un redémarrage plus rapide que prévu de l’économie mondiale, ce qui alimente en retour les anticipations d’inflation et exerce une pression à la hausse sur les taux d’intérêt. Côté européen, les taux d’intérêt ne remontent pas autant, en raison notamment de perspectives moins favorables à court terme (vaccination plus lente, mesures de confinement encore en vigueur) et des déclarations répétées de la BCE affirmant son engagement à maintenir sa politique accommodante aussi longtemps que nécessaire. Les craintes d’un dérapage de l’inflation sont par ailleurs minimisées par certains économistes et banquiers centraux, qui estiment que celui-ci pourrait être alimenté par des éléments ponctuels (remontée des cours du pétrole, plans de soutien budgétaires massifs), moins regardés que les tendances à plus long terme. Enfin, à ce stade, les banquiers centraux favorisent un soutien à la reprise de l’économie, quitte à laisser filer l’inflation, plutôt que prendre le risque d’une remontée trop brutale des taux d’intérêt qui pourrait casser précocement le rebond de l’activité mondiale.

Etats-Unis

Politique : Le plan Biden de USD 1.900 Mrds a été voté par la chambre des Représentants samedi 27 février, où les Démocrates sont majoritaires, et sera soumis au Sénat dans les prochains jours, où les deux camps disposent chacun de 50 voix, auxquelles s’ajoute le vote décisif de la Vice-Présidente Harris pour trancher les égalités. Une mesure proposant de relever le salaire minimum de USD 7.25 à USD 15.0 pourrait ne pas être maintenue du fait des réticences de certains démocrates.

Activité : Les mouvements sur la dette américaine ont éclipsé les données économiques plutôt positives comme la stabilité de la confiance des consommateurs en février et la nette hausse des commandes de biens durables en janvier (+3.4% par rapport à décembre). Enfin, en lien avec notre introduction, on observe un regain (léger) d’inflation à travers l’indice PCE, mesure préférée de la Fed, qui grimpe de 1.5% en glissement annuel (après +1.4% en décembre), en-deçà de l’objectif de 2.0%.

Chiffres de la semaine : Les indices de l’activité manufacturière de février des instituts Markit et ISM (01/03), chiffres de l’emploi du mois de février (05/03) pour lesquels le consensus attend 165 000 créations de postes

Europe

Activité : En Allemagne, le climat des affaires (indice IFO) s’améliore, tout comme la confiance des consommateurs (indice GfK) et la dernière estimation du PIB de l’année 2020 indique une récession limitée à -3.7% (contre -4.0% en première estimation).

Chiffres de la semaine : Taux de chômage de février en Allemagne (02/03), inflation de février en zone euro (02/03)



15/02/2021

L’EURUSD remonte au-dessus des 1.21, soutenu par l’optimisme des marchés (accélération de la vaccination US et progrès du plan Biden), qui favorise les actifs et devises risqués et fait reculer le dollar

La nouvelle secrétaire au Trésor et par ailleurs ancienne Présidente de la Fed, Janet Yellen, a rappelé, dans le cadre d’une réunion du G7 (vendredi 12/02), le besoin d’agir rapidement via des mesures fiscales (« the time to go big is now »), pour encourager une reprise durable de l’économie, confirmant ainsi son alignement avec Jerome Powell, l’actuel Président de la Fed. Certaines voix aux Etats-Unis, dont celles d’économistes de renom, craignent que le plan envisagé par le Président Biden (USD 1.900 Mrds) soit excessif et déclenche des tensions inflationnistes.

Pourtant, à ce stade, le risque couru dans le cas d’une action trop timide, qui échouerait notamment à résorber rapidement le chômage semble l’emporter du côté de la nouvelle administration. Enfin, la Fed étant prête à laisser filer l’inflation au-dessus de 2% et à maintenir sa tonalité accommodante pour privilégier l’emploi, le billet vert risque de ne pas bénéficier d’une hausse des taux USD à court terme. Dans le même temps, la BCE devrait maintenir sa politique accommodante pendant longtemps encore, même si le potentiel de baisse des taux semble limité compte tenu de leur niveau déjà très bas.

Le niveau clé des 1.20 qui a été enfoncé puis re-franchi à la hausse vendredi 05 février pourrait constituer un nouveau plancher pour l’EURUSD, dans ce contexte de politique monétaire ultra-accommodante des deux côtés de l’Atlantique.

Etats-Unis

Politique : Comme attendu, le second procès en destitution de Donald Trump a débouché sur son acquittement. Le vote de 7 sénateurs Républicains en faveur d’une destitution (compte final 57-43) est insuffisant pour atteindre la majorité qualifiée requise (67) pour condamner l’ancien Président. Cette séquence qui se termine ouvre désormais la voie aux nouvelles ambitions de Trump, qui reste une force incontournable au sein du parti Républicain, même s’il est affaibli par des contestations internes. Mitch McConnell, chef de file des sénateurs républicains, qui a voté pour l’acquittement, a ainsi néanmoins déclaré que Trump était « responsable moralement d’avoir provoqué les événements du 6 janvier ».

Activité : L’inflation sous-jacente, mesurée par l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) hors prix de l’énergie et de l’alimentation, recule en janvier, à 1.4% en glissement annuel (après 1.6% en décembre). La confiance des consommateurs américains est aussi ressorti en baisse, d’après le sondage de l’Université du Michigan (l’indice tombant de 79 à 76.2).

Bien que l’inflation sous-jacente recule, les anticipations d’inflation pour les trimestres à venir sont revues à la hausse, notamment en prévision du nouveau plan de soutien de USD 1.900 Milliards souhaités par le Président Biden. Cependant, le changement de position de la Fed vis-à-vis de l’inflation (annoncé en décembre 2020), laissant entendre qu’elle accepter que l’inflation dépasse les 2% temporairement, sans remonter ses taux immédiatement, pour viser un niveau de 2% en moyenne, prive le dollar US d’une perspective de hausse rapide des taux.

Chiffres de la semaine : Vente au détail de janvier (17/02), Minutes de la dernière réunion de la Fed (17/02), PMI manufacturier de février (19/02)

En ce début de semaine, la paire EURUSD s’échange autour des 1.2130.

Europe

Politique : Mario Draghi a été officiellement nommé Premier Ministre en Italie, après avoir réussi à rallier une large majorité des partis politiques, y compris le Mouvement 5 étoiles et la Ligue.

Sanitaire : La Commission Européenne a annoncé qu’elle allait assouplir les procédures d’examen et d’autorisation des candidats vaccins, afin d’accélérer la mise en oeuvre de la campagne de vaccination dans l’ UE, critiquée pour sa lenteur, notamment par rapport aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Activité : En Allemagne, l’inflation est remontée à 1% en janvier (glissement annuel). Cette remontée s’explique notamment par la fin d’un dispositif exceptionnel validé en 2020, qui avait permis de baisser la TVA jusqu’au mois de décembre pour relancer la consommation des ménages en réponse à la crise du Covid19.

Chiffres de la semaine : Indice ZEW du sentiment économique en Allemagne au mois de février (16/02), Minutes de la dernière réunion de la BCE (18/02).



08/02/2021

Le plan de relance du Président Biden se précise et laisse entrevoir un retour plus rapide de la croissance, dopant le dollar US face à un euro pénalisé par le retard de la vaccination dans l’UE

Les premières étapes franchies par le plan de relance de USD 1.900 Mrds proposé par le Président Joe Biden annoncent un nouveau coup de pouce à l’économie américaine. Ce soutien budgétaire est attendu notamment par la Fed, qui a rappelé à plusieurs reprises l’importance d’un complément à sa politique monétaire déjà très accommodante. Associé à une campagne de vaccination qui monte en régime depuis le changement d’administration à Washington D.C. (+10% de la population vaccinée), les Etats-Unis semblent mieux engagés dans la reprise que l’Union Européenne.

Cette dernière, tiraillée entre le souci d’équité, illustré par les commandes groupées de vaccins, et les tensions liées aux annonces de retard des livraisons des laboratoires, semble peiner à sortir de l’ornière. Par ailleurs, les mesures sanitaires en vigueur dans de nombreux Etats de l’UE, et plus restrictives qu’aux US, continuent de peser sur l’activité. L’arrivée de Mario Draghi, appelé à la rescousse pour sortir l’Italie en pleine crise politique, pourrait néanmoins renforcer la confiance dans la gouvernance de la troisième économie de la zone euro, gravement touchée par la crise.

Au total, les perspectives de croissance, musclées par le plan Biden, et d’inflation (la Fed pourrait laisser l’objectif de 2% être dépassé) aux Etats-Unis favorisent le billet vert face à l’euro, qui reflue sur le niveau clé des 1.20.

Etats-Unis

Politique : Le plan d’aide de USD 1.900 Mrds a franchi une première étape la semaine dernière avec des votes préliminaires au Sénat (pour pouvoir se passer du soutien des Républicains) et à la chambre des Représentants. Alors que les négociations devraient se poursuivre avec les Républicains sur certains points, le Président Biden a confirmé son intention d’injecter rapidement de nouveau crédits publics pour soutenir l’économie – le texte pourrait être voté avant la mi-mars.

Par ailleurs, le second procès en destitution de Donald Trump s’ouvrira ce mardi au Sénat. A priori, ni les Démocrates, dont la priorité reste le plan de soutien à l’économie, ni les Républicains, peu désireux de voir exposées leurs ambiguïtés en amont de l’invasion du Capitole le 06 janvier, n’ont intérêt à ce que le procès ne s’éternise.

Activité : L’activité manufacturière continue son expansion mais à un rythme moins élevé qu’en décembre, avec un indice ISM manufacturier ressorti à 58.7, après 60.5 en décembre (un chiffre au-dessus de 50 indique une expansion de l’activité). Toujours en janvier, l’économie américaine a créé 49 000 emplois, atteignant à peine les niveaux anticipés (après 227 000 emplois détruits en décembre). Le taux de chômage a reculé en trompe-l’oeil, à 6.3% (après 6.7% en décembre). A ce stade, l’emploi non agricole reste largement inférieur à son niveau de février 2020, avec près de 10 millions d’emplois détruits qui n’ont pas été récupérés par l’économie US.

Chiffres de la semaine : Taux d’inflation du mois de janvier (10/02), Indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (12/10)

En ce début de semaine, la paire EURUSD s’échange autour des 1.2030.

 

Europe

Politique : Les inquiétudes liées à la situation politique en Italie, où le gouvernement de G. Conte a été renversé par la défection de Matteo Renzi, pourraient s’estomper à la faveur de l’arrivée dans l’arène politique de Mario Draghi. L’ancien gouverneur de la BCE a été choisi pour former un nouveau Gouvernement et a conduit de premières consultations, positives, ce weekend. L’enjeu est notamment l’utilisation des EUR 200 Mrds dont va bénéficier l’Italie dans le cadre du plan de relance de l’UE.

Sanitaire : Face aux retards de livraisons de vaccins annoncés notamment par AstraZeneca, l’Union Européenne pourrait se tourner vers la solution Russe (le vaccin Sputnik V), à condition qu’elle soit dûment validée par les autorités sanitaires. D’autant que dans le même temps, des doutes apparaissent quant à l’efficacité du vaccin d’Astra (recommandé pour les moins de 65 ans en France et en Allemagne, faiblement efficace contre le variant sud-africain).

Au total, à ce stade, l’Union Européenne apparaît en retard dans le déploiement de sa campagne de vaccination, notamment par rapport aux Etats-Unis (plus de 10% de la population vaccinée) ou au Royaume-Uni. Or, ce handicap pourrait peser dans les prochains mois, au moment où ces pays redémarreront leurs économies plus rapidement que l’Europe. Ces inquiétudes vont pénaliser l’euro, repassé sous le niveau clé des 1.20 en fin de semaine dernière avant de se reprendre.

Activité : Le PIB de la zone euro a légèrement reculé au dernier trimestre 2020 (-0.7% par rapport au 3ème trimestre), confirmant le ralentissement de l’activité en fin d’année alors que l’Europe était touchée par une résurgence de l’épidémie de Covid19. Sur toute l’année 2020, le PIB a chuté de 6.8%, d’après les premières estimations de l’agence statistique de l’UE (Eurostat).

Chiffres de la semaine : Taux d’inflation du mois de janvier en Allemagne (10/02)



01/02/2021

Malgré la tonalité accommodante de la Fed, la paire EURUSD recule suite aux commentaires de la BCE

La Fed confirme son soutien monétaire pour une période prolongée alors que la confusion règne en Europe quant aux livraisons de vaccins. Par ailleurs, les inquiétudes de la BCE liées à la vigueur de l’euro, qui plombe l’inflation, pèsent sur la monnaie unique.

La Fed a rappelé mercredi dernier qu’elle se tenait prête a maintenir ses taux directeurs aussi bas et aussi longtemps que nécessaire pour soutenir la reprise, en écho à des déclarations similaires de la BCE la semaine précédente. Son Président, J. Powell, a aussi indiqué qu’il était prématuré d’envisager une réduction des rachats d’actifs de la Fed, confirmant que le soutien monétaire allait se poursuivre sur plusieurs fronts et pendant une période prolongée. Malgré ce ton accommodant, le billet vert s’est raffermi depuis la semaine dernière.

Et l’une des raisons vient probablement de l’inquiétude exprimée du côté de la BCE concernant la vigueur de l’euro, qui pèse sur les perspectives d’inflation (un euro fort diminue le coûts des importations). Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs, a ainsi indiqué que la BCE dispose d’outils, dont la baisse de taux, pour éviter un renforcement trop fort de la monnaie unique. Ces déclarations pourraient limiter les velléités haussières de la paire EURUSD à court terme.

En ce début de semaine, la paire EURUSD recule sous les 1.21 et s’échange autour des 1.2080/90. La prochaine zone clé à la baisse se situe autour des 1.2010.

Aux Etats-Unis, la retail mania a vu des investisseurs particuliers, qui se sont coordonnés via le forum de discussion Reddit, acheter massivement des actions de sociétés contre lesquelles pariaient des fonds spéculatifs. Ces derniers ont été forcés de retourner leurs positions vendeuses pour limiter leurs pertes. Ce lundi, la frénésie des investisseurs particuliers se reporte sur un métal précieux, l’argent, qui bondit de près de 10%, avant peut-être de se diriger vers le marché des changes ?

Etats-Unis

Politique : Les discussions continuent autour du plan de relance du Président Biden, les Républicains ayant avancé une mouture alternative de USD 600 Mrds, bien loin du montant prévu par les Démocrates (USD 1.900 Mrds). La nouvelle administration dispose des moyens législatifs pour faire passer son texte seule (majorité à la Chambre des Représentants et vote décisif de la Vice-Présidente au Sénat) mais Joe Biden souhaiterait obtenir l’appui de certains Républicains, notamment pour signaler sa capacité à rassembler dans un pays divisé.

Activité : La croissance du PIB américain a atteint 4% au dernier trimestre 2020, soutenue notamment par la consommation des ménages et l’investissement privé. Sur toute l’année 2020, le PIB a reculé de 3.5%, soit la pire récession outre-outre-Atlantique depuis la seconde guerre mondiale. Dans le même temps, la confiance des consommateurs se maintient et l’inflation est reparti légèrement à la hausse (l’indice PCE core – hors prix de l’énergie et de l’alimentation – grimpe de 1.4% à 1.5%).

Chiffres de la semaine : Indices PMI et ISM manufacturiers de janvier (01/02), Chiffres de l’emploi du mois de janvier (05/02)

Europe

Sanitaire : Prise à revers dans sa stratégie vaccinale par les annonces de retards de livraison des laboratoires, l’Union Européenne a haussé le ton la semaine dernière en instaurant des contrôles sur les exportations de vaccins hors d’Europe. Alors que plusieurs pays imposent de nouvelles mesures de restriction, un approvisionnement moindre qu’espéré en vaccins pourrait retarder la reprise sur le vieux continent, alors que le Royaume-Uni et les Etats-Unis accélèrent de leur côté la distribution des doses.

Activité : Les chiffres de la croissance en Allemagne et en France au quatrième trimestre sont ressortis meilleurs que prévus, et préservent les anticipations d’un fort rebond quand la crise sanitaire se dissipera. Le PIB français qu’on attendait à -10 voire -11% s’est finalement contracté de 8.3% l’année dernière.

Chiffres de la semaine : Estimation du PIB du T4 2020 (02/02), Inflation en zone euro pour le mois de janvier (03/02)



25/01/2021

Biden déterminé à passer son plan de relance (USD 1.900 Mrds), la BCE attentiste

A peine intronisé Président des Etats-Unis, Joe Biden a rappelé qu’une de ses priorités est de faire passer un nouveau plan de soutien à l’économie américaine (USD 1.900 Mrds), qu’il souhaiterait voir appuyé par un consensus bi-partisan. Si le Président parvient à mettre en oeuvre ce paquet de mesures budgétaires et à accélérer la campagne de vaccination (une autre de ses priorités), les espoirs de reprise seraient renforcés, ce qui devrait favoriser les actifs plus « risqués » (actions, devises émergentes) et pourrait annoncer une reprise de la tendance baissière du dollar US.

Côté européen, l’activité manufacturière montre des signes de résistance encourageants et bénéficie notamment de la bonne santé de l’économie chinoise mais l’Union Européenne reste embourbée dans la crise sanitaire alors que les campagnes de vaccination peinent à se déployer pleinement. Face à cette situation économique incertaine, le conseil de Gouverneurs de la BCE s’est réuni jeudi dernier et a rappelé que la BCE est prête à maintenir ses mesures de soutien tant que nécessaire, sans pour autant modifier ses taux directeurs ni son programme de rachats d’actifs. Le sujet de l’euro fort n’a pas non plus fait l’objet d’une attention particulière, laissant le champ libre à un rebond de la monnaie unique (niveau de résistance autour des 1.2235, avec l’objectif du plus haut de 1.2350 de début janvier en ligne de mire).

Etats-Unis

Politique : Joe Biden a prêté serment mercredi 20 janvier en tant que 46ème Président des Etats-Unis et a rapidement pris plusieurs mesures pour défaire certaines mesures symboliques de son prédécesseur (exemple : Biden a décidé le retour dans l’accord de Paris sur le climat). Le calendrier politique des prochaines semaines sera occupé par le projet de plan de soutien à l’économie, que le Président souhaiterait faire voter très rapidement, et le procès en destitution du Président sortant Donal Trump, qui se tiendra au Sénat à partir du 9 février.

Activité : L’activité manufacturière au mois de janvier semble avoir encore progressé (9ème mois de suite) et démontre la résilience de l’économie américaine, pourtant frappée de plein fouet par la pandémie.

Chiffres de la semaine : La semaine sera riche avec notamment la réunion de la Fed (27/01), une première estimation du PIB du T4 attendu à +4% (28/01) et les chiffres de l’inflation de décembre et la confiance des consommateurs (29/01)

En ce début de semaine, la paire EURUSD poursuit son rebond entamé jeudi dernier et s’échange autour des 1.2160.

Europe

Sanitaire : La situation est toujours difficile en Europe, qui connaît un haut niveau de contaminations et s’inquiète de la circulation des variants britannique et sud-africain, alors que plusieurs Etats ont resserré les mesures sanitaires (premier couvre-feu aux Pays-Bas, re-confinement au Portugal et envisagé en France, confinement prolongé en Allemagne).

Activité : Ces restrictions se ressentent sur l’activité, avec un ralentissement perçu en janvier d’après les premières estimations du PMI composite (47.5 vs 49.1 en décembre). Dans la même veine, l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne est ressorti en légère baisse ce lundi matin (91.8 vs 92.1 en décembre).

Chiffres de la semaine : Première estimation de la croissance en Allemagne au T4 (29/01).



18/01/2021

Biden prêtera serment mercredi, le Covid19 et le risque politique menacent la reprise en Europe et pèsent sur l’euro

Etats-Unis

Politique :  Malgré la résistance de Donald Trump et ses tentatives pour contester sa défaite électorale, Joe Biden prêtre serment ce mercredi 20 janvier et sera intronisé 46ème président des Etats-Unis à Washington D.C. La capitale fédérale s’est transformée ces derniers jours en une forteresse imprenable, quadrillée par plusieurs milliers de membres de la garde nationale. Les forces de l’ordre ont été déployées pour protéger la cérémonie d’investiture de Biden, sur laquelle plane la menace d’actes violents de militants extrémistes, qui compteraient s’inspirer des événements du 06 janvier (invasion du capitole).

Autre signe du haut niveau de tension politique outre-Atlantique, la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté mercredi 13 janvier l’acte d’accusation de Donald Trump pour « incitation à l’insurrection ». Cette nouvelle procédure de destitution enclenchée contre Trump, et qui reposera désormais entre les mains du Sénat, fait de lui le premier Président américain de l’histoire à être confronté à deux tentatives de destitution.

Malgré le choc toujours palpable de cet épisode, le Président-élu a poursuivi la formation de son nouveau cabinet et détaillé son projet de plan de relance de USD 1.900 milliards, après les USD 900 milliards votés fin décembre et les USD 2.200 du CARE Act approuvés au printemps. Cette troisième bouée de sauvetage lancée à l’économie américaine visera notamment à muscler la lutte contre le Covid19 (vaccination, tests, réouverture des écoles) et à soutenir les familles (chèque de USD 1.400, allocations chômage), les petites entreprises et les collectivités locales (équipements, personnels).

Activité : les ventes au détail ont reculé en décembre (-1.7% par rapport à novembre), confirmant le ralentissement anticipé au quatrième trimestre, alors que l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan est en léger repli (à 79.2 après 80.7).

Chiffres de la semaine : PMI Manufacturier de janvier (22/01)

En ce début de semaine, la paire EURUSD s’échange autour des 1.2080, un support sur lequel la paire s’est déjà appuyée début décembre. Une cassure de ce support ouvrirait la voie à un retour sous les 1.20.

Europe

Sanitaire : la situation est toujours difficile en Europe, où de (tristes) records de décès quotidiens ont été atteints la semaine dernière, notamment au Royaume-Uni (1.564) et en Allemagne (1.244). Très inquiète, la chancelière allemande A. Merkel a évoqué une possible extension du confinement en vigueur pour 10 semaines supplémentaires. Par ailleurs, le laboratoire Pfizer a annoncé de possibles retards dans ses livraisons de vaccins à l’UE dans les prochaines semaines, agitant le spectre d’une pénurie de nouvelles doses à court terme.

Malgré ce contretemps, les campagnes de vaccination continue de se déployer à travers l’Europe alors que l’agence européenne du médicament a été sollicitée par AstraZeneca, le laboratoire anglo-suédois, pour une demande de commercialisation de son vaccin, plus facile à stocker et donc à distribuer que les solutions de Pfizer-BioNTech et Moderna.

Activité : alors que peu de données macro-économiques ont été publiées la semaine dernière, les minutes de la dernière réunion de la BCE ont en revanche confirmé l’inquiétude des banquiers centraux vis-à-vis de la faiblesse de l’inflation, accentuée par le renforcement de l’euro. L’institution de Francfort tiendra justement sa réunion de politique monétaire et nous n’attendons pas de décision majeure cette fois-ci.

Politique : sur le plan politique, deux gouvernements de la zone euro ont été fragilisés ces derniers jours. Aux Pays-Bas, le Premier Ministre Mark Rutte a présenté la démission de son gouvernement, suite à un scandale où des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude aux prestations sociales. Des élections législatives se tiendront en mars ; d’ici là le cabinet sortant expédiera les affaires courantes. En Italie, c’est la démission de ministres proches de l’ancien Premier Ministre Matteo Renzi, qui font vaciller la coalition majoritaire au pouvoir et pourrait faire tomber le gouvernement. Matteo Renzi reproche à Giuseppe Conte, l’actuel PM, sa méthode et le manque d’ambition du plan de relance de EUR 200 Mrds en préparation.

Les perspectives sanitaires très incertaines, qui pourraient provoquer une extension des mesures de restriction et paralyser la reprise tant attendue en 2021, associées au retour du risque politique, notamment dans une Italie très durement touchée par la pandémie, pèsent sur la monnaie unique.

Chiffres de la semaine : Indice ZEW du sentiment économique en Allemagne et zone Euro en janvier (19/01), Réunion de la BCE (21/01).

 



14/12/2020

Suspense sur le Brexit, la Fed comme la BCE

Etats-Unis

Politique : Le Président-élu Biden devrait être officiellement choisi ce lundi par le collège électoral, après une fin de semaine difficile pour le camp Trump qui a du essuyer plusieurs déconvenues judiciaires, la Cour suprême ayant rejeté plusieurs demandes d’invalidation de résultats dans les Etats clés.

Fed : Le comité de politique monétaire de la Fed (le FOMC) tient sa dernière réunion de l’année cette semaine (15 et 16 décembre) et fait face à une situation contrastée outre-Atlantique. D’une part, la crise sanitaire reste aigüe (nouvelles contaminations, décès et hospitalisations sont au plus haut) et met la pression sur de nombreux Etats qui ont renforcé les mesures sanitaires. Dans le même temps, les créations d’emplois ralentissent. Mais c’est peut-être l’expiration des mesures de soutien prises eu printemps qui inquiète le plus la Fed, alors que près de 10 millions d’américains sans emploi pourraient perdre leurs indemnités exceptionnelles et que l’expulsion des locataires pourrait reprendre. Or, à ce stade, les négociations entre Démocrates et Républicains pour passer une nouvelle série de mesures (stimulus) de USD 900 milliards restent bloquées.

De l’autre, l’économie américaine fait preuve de résistance (confiance des consommateurs bien orientée, croissance supérieure aux attentes au T3). Enfin, et peut-être surtout, la perspective d’une campagne de vaccination ambitieuse (objectif de 100 millions de personnes vaccinées d’ici fin février) fait miroiter une amélioration rapide de la situation sanitaire, permettant à l’économie de sortir de l’ornière et de redémarrer pleinement.

Ainsi, la Fed pourrait donner de nouvelles indications liées à son programme de rachats d’actifs, en annonçant par exemple un allongement du programme pour rassurer sur son intention de soutenir l’économie aussi longtemps que nécessaire, ou en se positionnant sur des titres de maturité plus longue pour mieux contrôler les taux longs. Ces annonces pourraient affaiblir le billet vert et faire grimper la paire EURUSD vers les 1.23 pour la fin d’année, à mesure du déploiement des vaccins et de la réduction des risques.

A l’ouverture de la séance européenne, la paire EURUSD s’échange ce lundi autour des 1.2150, proche des plus hauts vus en fin de semaine dernière.

Les chiffres de la semaine : Ventes au détail de novembre (16/12), PMI manufacturier de décembre (16/12) et réunion de la Fed / FOMC (16/12).

 

Europe

Politique : Le sommet européen de la semaine dernière à Bruxelles a permis de lever l’opposition de la Hongrie et de la Pologne au plan de sauvetage dont l’Union avait accouché en juillet dernier ; les 27 pourront donc emprunter via la Commission Européenne pour relancer les économies durement frappées par les conséquences de la pandémie de Covid19.

Brexit : L’Union Européenne et le Royaume-Uni s’étaient donné jusqu’à dimanche pour trouver un accord mais on finalement décidé de prolonger les discussions, sans toutefois indiquer de date de fin pour cette extension. Malgré les points de divergence qui subsistent, notamment sur la pêche, les deux parties souhaitent se donner de toutes les chances d’arracher un accord in extremis. Alors que des rumeurs annonçaient le possible envoi de navire de la marine Royale britannique pour protéger les eaux territoriales en cas de no deal, les politiques ont appelé au calme pour faciliter les discussions.

Ces négociations de la dernière chance ont redonné de l’air à la livre sterling,  et la paire EURGBP est repassée sous les 0.91 ce lundi (0.9080), après avoir franchi les 0.92 vendredi.

Activité : La semaine dernière, la BCE a annoncé, comme attendu, une extension de son programme de rachats d’actifs, qui perdurera au-delà de juin 2021 et couvrira EUR 500 milliards de titres supplémentaires (contre un programme initial de EUR 1 200 milliards).

Les chiffres de la semaine : Indice IFO du climat des affaires en Allemagne (18/12).