BCE: statut quo avant des mesures de soutien en décembre

31/10/2020

A l’issue de sa réunion du 29 décembre, la BCE a opté, pour le moment, sur le statut quo, mais a préparé le marché à des mesures de soutien supplémentaires pour le mois de décembre.

 

Perspectives économiques


 

La BCE s’attend à un fléchissement de l’activité économique au quatrième trimestre.

L’inflation en zone euro resterait par ailleurs en territoire négatif jusqu’au début de l’année 2021 (l’inflation en zone euro est négative depuis le mois d’août).

 

Décisions de la BCE


 

La BCE a laissé ses taux inchangés :

  • Le taux directeur (taux auquel les banques empruntent à la BCE) est maintenu à 0%
  • La facilité de dépôt reste à -0.5% (taux auquel les banques placent leurs excédents auprès de la BCE

Le « Programme d’achats d’urgence pandémique » (PEPP) reste lui aussi inchangé.

(Rappelons que ce programme avait été lancé en mars (pour 750 milliards d’euros) puis augmenté au mois de juin de 600 milliards pour le porter à 1 350 milliards d’euros.)

 

 A quoi peut-on s’attendre en décembre ?


 

Christine Lagarde a laissé peu de place au doute : « Nous allons utiliser tous les instruments dont nous disposons aujourd’hui avec toute la flexibilité que nous avons pour répondre à la situation et répondre à toute évolution de la situation ».

« Nous l’avons déjà fait pour la première vague (de Covid-19), nous le ferons pour la seconde ».

Le discours est clair : Christine Lagarde prépare le marché à une intervention de la BCE lors de la première réunion de le 10/12/2020.

Quelles sont les options sur la table :

  • augmentation du PEPP de 500 milliards d’euros et sur une prolongation jusqu’à fin 2021
  • baisser la facilité de dépôt pour « contraindre » encore plus les banques à prêter

 

Conséquence sur l’EURUSD


 

Déçu, le marché a sanctionné l’EUR en le vendant, entraînant l’EURUSD à la baisse.

Néanmoins, les mesures qu’auraient pu prendre ou que sera amenée à prendre la BCE sont de nature à faire baisser l’EUR… En effet, en injectant de la liquidité dans le marché (quelle que soit la décision choisie il s’agit bien de cela) l’effet est baissier sur l’EUR.

Paradoxe alors ? Décevant le marché, la BCE provoque une baisse de l’EUR (qui d’ailleurs lui convient car l’EUR faible aide les exportateurs) que ses potentielles mesures auraient fait baisser…

Pas vraiment… les investisseurs ont besoin de se sentir rassurés par l’action de la banque centrale. Si la BCE avait annoncé des mesures fortes dès à présent, les investisseurs auraient salué cette décision en achetant l’EUR, ce qui aurait conduit à une hausse de l’EURUSD. Avant que le marché ne se stabilise et que l’EUR ne baisse compte tenu des mesures de soutien…

 

Conclusion


 

Le marché s’attendait sûrement à ce que la BCE agisse dès à présent. On peut penser que cette dernière n’a pas souhaité annoncer quoi que ce soit avant l’élection américaine. Néanmoins sa communication a été sans équivoque : elle va agir lors de la prochaine réunion du 10 décembre.