Vaccination poussive et imbroglio AstraZeneca, 3ème vague et faiblesse de la relance budgétaire : l’Europe à la traine derrière les Etats-Unis, l’euro sous pression

22/03/2021

Les Banques centrales des principales zones économiques ont confirmé ces derniers jours leur engagement à maintenir des politiques monétaires accommodantes, avec des taux d’intérêt au plancher probablement jusqu’à 2022 / 2023, pour accompagner la reprise économique.

Et concernant cette reprise économique, on observe justement un écart croissant entre le redémarrage des Etats-Unis (vaccination et relance budgétaire massives) et le marasme européen (3ème vague, vaccination retardée, plan Recovery non déployé), qui favorise la remontée des taux d’intérêt USD et la vigueur du billet vert.

En ce début de semaine, la paire EURUSD s’échange autour des 1.19.

L’Europe peine à se sortir du marasme causé par la pandémie de Covid19 et souffre de la comparaison avec d’autres pays, notamment les Etats-Unis qui sont bien mieux avancés sur deux front clés dans la course à la reprise : la vaccination et le soutien budgétaire.

La vaccination se déploie plus rapidement outre-Atlantique, où plus de 35 doses pour 100 habitants ont été administrées (soit plus de 100 millions de doses en tout) alors que dans l’UE cet indicateur se situe plutôt autour de 10 à 12 doses pour 100 habitants d’après les données du site covidtracker.fr. La controverse autour du vaccin AstraZeneca, suite à des cas suspects de thromboses, a par ailleurs ralenti les effort dans plusieurs pays qui ont choisi de suspendre les injections. Le gendarme européen du médicament a finalement rendu un avis rassurant jeudi, ouvrant la voie à la reprise des vaccinations.

Par ailleurs, face à la hausse des nouvelles contaminations et à ce qui s’apparente déjà à une « troisième vague », plusieurs Etats européens ont prolongé ou renforcé les mesures sanitaires, notamment en Allemagne, en Italie ou en France.

Enfin, les difficultés européennes s’illustrent également par le retard du soutien budgétaire. Aux Etats-Unis, le Président Joe Biden peut se targuer d’avoir fait voter son plan de relance de USD 1.900 milliards, dont les premiers chèques de soutien au pouvoir d’achat ont déjà été envoyés. Ce plan vient s’ajouter aux USD 900 Milliards injectés par l’administration Trump fin décembre 2020, pour un total d’environ 14% du PIB américain. En Europe, en revanche, les premiers crédits du plan Recovery de EUR 750 milliards (soit un soutien moins important quand on le rapporte à l’économie européenne), ne seront probablement pas déboursés avant le second semestre 2021.

Etats-Unis

Politique : Le pari du Président Biden d’injecter 100 millions de doses pendant les 100 premiers jours de son mandat a été atteint, alors que plus de 120 millions de personnes ont reçu au moins une dose depuis l’autorisation en décembre du premier vaccin. Ce weekend, plus de 6 millions de personnes ont été vaccinées en deux jours.

Activité : Si les ventes au détail du mois de février ont chuté de 3%, notamment en raison des conditions météorologiques extrêmes, comme la tempête de neige au Texas, ce chiffre devrait rebondir en mars avec l’arrivée des premiers chèques de soutien aux ménages, votés dans le cadre du plan de relance.

Chiffres de la semaine : Commandes de biens durables de février attendues en hausse de 0.8% (24/03), PMI Manufacturier de mars attendu en hausse à 59.3 (24/03), l’Indice PCE attendu stable à 1.5% – c’est l’indice de dépenses de consommation des ménages, l’indicateur préféré de la Fed pour mesurer l’inflation (26/03)

Europe

Politique : Le vaccin AstraZeneca se retrouve au centre d’une crise potentielle entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. L’UE se dit en effet prête à bloquer les exportations de vaccins AstraZeneca produits sur son territoire et destinés au Royaume-Uni, une mesure de rétorsion contre la laboratoire qui accumule les retards de livraison. La controverse liée à des cas suspects de thrombose, qui a poussé plusieurs pays Européens à suspendre la vaccination, a par ailleurs agacé Londres, qui défend bec et ongles l’efficacité et la sécurité du vaccin produit par le laboratoire anglo-suédois.

Sanitaire : En Allemagne, la chancelière et plusieurs lander envisagent de prolonger les mesures sanitaires en avril face à la recrudescence de l’épidémie, désormais qualifiée de troisième vague. La France a de son côté musclé les restrictions dans plusieurs régions (+20 millions de personnes concernées), instaurant un nouveau confinement néanmoins plus léger que les deux précédents. Malgré ce nouveau tour de vis, le gouvernement français maintient sa prévision de croissance à 6% pour 2021.

Chiffres de la semaine : Indice IFO du climat des affaires en Allemagne du mois de mars (26/03)