2026, l'année à venir : forex et climat au programme

L'année 2026 s'annonce comme un laboratoire à ciel ouvert où les dynamiques du Forex et les urgences climatiques ne sont plus des variables indépendantes, mais les deux faces d'une même pièce géopolitique.

2026, l'année à venir : forex et climat au programme

L'année 2026 s'annonce comme un laboratoire à ciel ouvert où les dynamiques du Forex et les urgences climatiques ne sont plus des variables indépendantes, mais les deux faces d'une même pièce géopolitique. Le récit mondial est désormais dicté par un retour agressif du protectionnisme américain et une restructuration des sommets financiers, entraînant des répercussions qui transforment le marché des changes en un champ de bataille thermodynamique aux tensions palpables, y compris sur le plan environnemental.

Janvier 2026
Des taxes, toujours des taxes

Au cœur de cette tempête monétaire et climatique se joue la bataille juridique sur les droits de douane universels de Donald Trump. La possibilité que la Cour suprême limite le pouvoir présidentiel d'imposer des tarifs douaniers généralisés engendre une volatilité sans précédent. Si Trump obtient gain de cause, un renforcement structurel du dollar se produira, porté par une amélioration forcée de la balance commerciale, mais au prix fort pour les devises des marchés émergents.

Toutefois, le risque d'une crise budgétaire liée aux remboursements des taxes déjà perçues (avec l'affaire Costco en première ligne) pèse comme une épée de Damoclès sur le billet vert. Donald Trump lui-même a qualifié la situation de pagaille complète, “we are screwed” il a dit en janvier sur Truth Social, car l'administration n'a pas de mécanisme simple pour restituer de telles sommes sans creuser un trou béant dans le budget fédéral.

Une dévaluation soudaine de l'USD reste, donc, possible si les investisseurs perçoivent un relâchement de la discipline fiscale à Washington. 

En parallèle, le secteur américain des technologies propres est particulièrement affaibli par les droits de douane. Il reste vulnérable à un ralentissement qui compromettrait les progrès du pays en matière de technologies bas carbone, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout comme le leadership acquis ces dernières années dans cette industrie en pleine croissance. Rappelons également que, en 2020, pendant le premier mandat de Trump, les États-Unis s’étaient retirés de l'Accord de Paris une première fois, ce qui a affaibli la coopération internationale sur le climat. En 2025 le deuxième abandon des accords, officiellement en vigueur depuis janvier 2026. Bien que ça ne soit pas un effet direct des droits de douane, la politique protectionniste s'inscrit dans une logique plus large de retrait des engagements globaux, réduisant la pression pour des mesures climatiques ambitieuses. 

L'Euro de la défense

L’Europe est prise dans un étau monétaire. La stratégie de Trump consistant à  européaniser le conflit ukrainien en transférant la charge financière aux partenaires de l'OTAN draine les liquidités du Vieux Continent.

L'Euro peine à maintenir la parité avec le dollar, tandis que les pays européens se voient contraints de détourner des fonds initialement destinés à autre chose, voire aux enjeux de la transition écologique, vers les dépenses militaires et le réarmement. Ce n'est pas un hasard si, alors que les impacts climatiques deviennent plus évidents et plus coûteux, on a assisté au cours des 18 derniers mois à un recul progressif et peu visible de certains piliers centraux du Green Deal européen. Non pas que la planète ait été explicitement mise au pilori, mais une série de petits reculs et de reports se sont succédé sans faire trop de bruit, interrompant à mi-chemin une transformation qui reste indispensable. 

À titre d'exemple, après le retrait du règlement SUR en 2024, la Commission européenne a proposé en 2025, via le paquet Omnibus, l’extension illimitée des autorisations pour les pesticides et biocides, supprimant les réexamens périodiques obligatoires. 

Le dernier revirement ? L'abandon de l'interdiction de vente des véhicules thermiques neufs en 2035. La Commission a reculé pour viser une réduction de 90 % des émissions, alors qu'un quart des voitures vendues dans le monde est déjà électrique.

Le Venezuela et le pétrodollar 2.0

L'ambition du gouvernement américain commence à transparaître entre les lignes, et, même plus tellement entre les lignes :  étendre l'utilisation des combustibles fossiles dont les États-Unis regorgent en amplifiant au maximum la mainmise sur le plus grand nombre possible de réserves pétrolières. La chute de Maduro en janvier et l'alignement de Caracas sur Washington restaurent une hégémonie énergétique américaine qui soutient le dollar. Le contrôle des réserves vénézuéliennes permet aux États-Unis de peser sur les coûts énergétiques mondiaux, offrant un avantage compétitif à leur industrie nationale, au prix d'un bilan environnemental désastreux. 

Février 2026 

Le Grand Nord

La crise diplomatique entre les États-Unis et le Danemark concernant le projet de rachat du Groenland introduit une nouvelle variable sur le marché des changes. 

Dans le cœur de Trump seuls deux "M" comptent vraiment. Et non, sans surprise, aucun n'est pour Melania : ce sont le Militaire et le Minier. Ces deux moteurs stratégiques se retrouvent au centre des revendications américaines sur le Groenland.

La fonte accélérée de la calotte glaciaire expose des gisements de terres rares indispensables à l'IA, aux batteries des voitures électriques, à la suprématie de la cleantech, à l’industrie des smartphones...et la liste continue. Le lien est ici évidemment brutal. Le réchauffement climatique crée des opportunités de profit qui alimentent la spéculation sur les ressources du Nord. La résistance européenne à cette conquête territoriale, de plus, accentue la fracture au sein du bloc atlantique.

Kevin Warsh et la fin de l'or comme valeur refuge ?

La nomination du faucon Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, après un conflit institutionnel violent avec Jerome Powell, a bouleversé la hiérarchie des actifs de sécurité. Le marché a réagi par une chute drastique de l'or et de l'argent. 

Les investisseurs, voyant en Warsh un allié de l'inflation, ont misé sur un dollar fort et des taux d'intérêt élevés. Mais en réalité, la fin de l'indépendance de la Fed, symbolisée par les enquêtes du ministère de la Justice contre Powell, sape la confiance dans le dollar en tant que monnaie refuge, tout comme le fait le récent soutien apparent de Warsh aux politiques trumpiennes, qui prônent des taux d'intérêt bas. 

Bien que rien ne soit encore décidé, la chute des cours de l'or et de l'argent, ainsi que le recul des marchés boursiers, suggèrent que les investisseurs jugent des baisses de taux peu probables sous l'ère Warsh, la stabilité restant la condition sine qua non à tout investissement pérenne.

Février - Mars 2026

La résistance des métropoles vertes

Face à ces tensions macroéconomiques, la France prépare les municipales de 2026 avec une perspective différente portée par ses mairies écologistes. Alors que les puissances luttent pour les ressources, des villes comme Lyon ou Bordeaux maintiennent le cap. À Lyon, les émissions de CO2 ont chuté de 36 % en six ans et la pollution au dioxyde d'azote a été quasiment éliminée. En rejetant la logique de croissance illimitée, ces administrations ont transformé des quartiers comme la Part-Dieu, évitant qu'ils ne deviennent des îlots de chaleur bétonnés.

L'année 2026 déterminera si cette résistance locale, qui se vérifie ponctuelle et éparpillée, peut servir de modèle ou si elle restera une exception dans un monde dominé par les conflits de ressources et le dérèglement climatique.
Category
Actualités
Written by
Maria Ida De Ioanni
Copywriter
Published

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